vendredi 27 juillet 2012

DES ENFANTS JUIFS CACHES PRES DE FOUGERES PENDANT L'OCCUPATION:"Jamais je ne t'oublierai"








Saint-Christophe-des-Bois,rue de l'Eglise (Cl. Association Histoire St-Christophe-des-Bois)




     L' éventail des commémorations se déplie au coeur de  l'été 2012, 70 ans après  LA   RAFLE du VEL D'HIV, 16 juillet 42, plusieurs expositions orientent les regards sur des pages d 'Histoire douloureuses:

 -  celle des archives de la police à Paris(mairie  du IIIè) " La Rafle du Vel d'Hiv"...
     
 - l'exposition " C'ETAIENT DES ENFANTS-Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris", et, de surcroît, une enquête de l'institut CSA pour sonder les profondeurs de l'oubli ou de la méconnaissance ... 
Autant de jalons sur les sentiers d'une Mémoire qui se dérobe et qu'il faut  déjà restaurer.




    Toutefois, dans ces jours les plus noirs, ce naufrage de l'honneur et de l'humanité,  la fraternité n'a pas complètement sombré et l'enfance, par sa candeur et sa fragilité, a fermé des yeux, serré des lèvres et ouvert des bras. A Saint-Christophe-des-Bois, le cinéaste Nicolas Ribowski vient de tourner en collaboration avec Michel Godet, professeur d'Histoire, un documentaire qui redonne la mémoire de la déchirure  et de l'humble courage.

                                                " JAMAIS JE NE T'OUBLIERAI "







      LE SORT TRAGIQUE DES ENFANTS JUIFS
                   SOUS L OCCUPATION


DISPARAITRE ou SE FAIRE  OUBLIER



      1944, Fougères

        la déportation à Auschwitz de la famille Lévy




     Léon et Selma Lévy tiennent un magasin de confection, au 12, boulevard Jean Jaurès, à Fougères. L’enseigne est très connue « Paris Soldes » et attire beaucoup de clients de la ville et des environs. Leurs deux petites filles fréquentent l’école Charles Malard. Les temps s’assombrissent à partir de 1942. La famille doit porter l’étoile jaune qui fait pleurer la maman. Leur seul « crime » est d’être juif.
Selma Lévy et ses filles ( Coll. privée)

    Le 23 novembre 1943, les deux enfants, Gaby, 8 ans et Nelly, 6 ans sont arrêtées par les Allemands et emmenées à la prison Jacques Cartier de Rennes. Toute la famille Lévy se retrouve à Rennes et y reste jusqu’au 20 janvier 1944. Personne ne les reverra désormais.






     Le convoi 66 les conduit à Drancy puis aux camps d’Auschwitz. Tous périront dans les chambres à gaz. Leur nom figure maintenant au mémorial des enfants juifs déportés de France. Il a fallu la longue patience d’Arlette Jourdan, ancienne camarade d’école des petites Lévy pour alerter Serge Klarsfeld et retrouver le nom de cette famille et des enfants, Gaby et Nelly.


Les entants Lévy et des proches (Coll privée.)
Léon, Selma et Gaby Lévy (Coll. privée)












     1944, Saint Christophe-des-Bois

        l'asile pour 19 enfants


      Cette fois il faut la publicité autour du tournage d’un documentaire pour faire émerger un épisode méconnu mais crucial de l’histoire de Saint Christophe-des-Bois et du Val d’Izé, deux communes limitrophes aux portes de Vitré. On pourrait dire le secret des enfants juifs cachés à la fin de la seconde guerre. Chacun des partenaires contribue à lever le secret : le maire Jean Pitois, l’historien Michel Godet à la ténacité remarquable, la famille Adass et le réalisateur, lui-même ancien déporté, Nicolas Ribowski.



 Michel, Monique et Arlette Adass.(Collection privée)



      Cet épisode pourrait mériter le titre de JUSTES à la commune de Saint Christophe-des-Bois. Trente-cinq enfants d’origine juive sont dissimulés à l’est de département d’Ille-et-Vilaine pendant l’Occupation allemande, dix-neuf le sont à Saint-Christophe. Les autres sont dirigés sur les communes voisines Le Val d’Izé, Mecé, La Chapelle-Erbrée. Quelques-uns sont orientés dans le pays de Fougères, à La Bazouge-du-Désert et à Saint Georges-de-Reintembault.
      L’organisation ne laisse rien au hasard : les enfants sont pris en charge à Paris par des organisations juives, comme l’Union Générale des Israélites de France. Plusieurs sont envoyés en Bretagne grâce à la complicité d’une Vitréenne, Madame Henry. Evidemment les habitants font preuve d’un courage exemplaire afin de protéger les enfants et de les soustraire au regard de la gendarmerie locale de Châtillon-en-Vendelais  et des soldats allemands.




       Familles d’accueil



      Parmi les exemples notoires de Saint-Christophe, citons celui de Michel Adass, auquel le film est dédié, et de ses deux sœurs réfugiés dans la famille Pihan, celui de Maurice et Roger Barouh accueillis chez la famille Lebreton, celui de Simon Wajnberg, de ses sœurs, Liliane et Alice, hébergés chez les Boutros.



   Le Val d’Izé accueille Rachel et Jacques Brama grâce à la famille Beunel. Les communes du pays de Fougères font preuve également d’un grand sens de l’hospitalité. Ainsi les Feldman sont accueillis chez les Prime dans la commune de La Bazouge-du-Désert. Et les Grinsztajn  sont réfugiés chez les Hamard, à Saint Georges-de-Reintembault.





Le documentaire de Nicolas Ribowski:

     Jamais je ne t'oublierai jamais

       Ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que chacun a su tenir sa langue et que personne n’a crié sur les toits cette histoire merveilleuse. On a pu aussi retrouver ces personnes souvent à l’étranger, aux Etats-Unis. A partir de là, les enfants d’aujourd’hui des écoles de Saint Christophe interrogent les personnes retrouvées et découvrent l’histoire fabuleuse de leur commune, voilà le fil d’Ariane du cinéaste  N. Ribowski. Nul doute que chacun saura apprécier cette belle leçon d’histoire et ce beau tissage de liens entre les âges et les pays différents.


       Hélas des Juifs furent arrêtés sur dénonciation, sans doute ce fut le cas des Lévy à Fougères, mais il y eut aussi de beaux gestes d’accueil et des prises de risques afin de soustraire à la barbarie nazie des enfants qui ne demandaient qu’à vivre. Ce fut le cas de Saint Christophe-des-Bois, fidèle en cela au charisme de son saint patron.
     Les communes de Saint-Christophe-des-Bois et du Val-d'Izé  sont citées  dans l'ouvrage récent  "Histoire des Justes en France"  de Patrick Cabanel (éditions Armand Colin ,février 2012 p.95).


                                                             Daniel  Heudré








     Tout près de nous, la commune de Savigny-le-Vieux  a été pour beaucoup d'enfants  juifs parisiens une terrre d'accueil . Leur histoire est évoquée dans l'article de La Manche Libre du 24 mai 2011:" L'incroyable histoire des enfants cachés de Savigny-le-Vieux."


Plaque commémorative inaugurée en mai 2011.









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Saint-Christophe-des-Bois. « Je ne t’oublierai jamais », le film sur les enfants juifs sortira sur les écrans en février 2013

Je ne t’oublierai jamais, le film consacré aux enfants juifs cachés pendant la Seconde guerre mondiale et tourné à Saint-Christophe-des-Bois, est techniquement presque achevé. Jean Pitois, le maire de Saint-Christophe, lève le voile sur les premières dates pour visionner le film : « les trois premières séances publiques auront lieu au Vendelais, à Châtillon, le jeudi 7 et le dimanche 10 février 2013 à 20 h 30, ainsi que le samedi 8 à 15 h. Il n’y aura pas de réservations ».
Le tournage s’en était déroulé lors de la première quinzaine du mois de juin. Il est en cours de mixage dans un studio breton, à Carhaix (Finistère), explique le réalisateur Nicolas Ribowski.
Coproductrice, l’association Histoire de Saint-Christophe-des-Bois a lancé une souscription destinée à lui permettre d’intégrer le film dans le patrimoine local.
 
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LE FILM EST PROJETE EN AVANT-PREMIERE

LUNDI 28 JANVIER 2013

 A L'HOTEL DE VILLE DE PARIS











 


                                          C'ETAIENT DES ENFANTS


 L'exposition "C'ETAIENT DES ENFANTS" à l'Hôtel de Ville de Paris retrace le parcours   souvent tragique  et toujours déchirant des enfants juifs  brutalement séparés de leurs parents : beaucoup  ont dû fuir en province où leur identité était masquée avec la complicité de leurs hôtes.

                    Il suffit de  cliquer sur ce lien pour obtenir la présentation  de l'exposition, voir  quelques photos, entendre  l'explication de Sarah Gensburger, commissaire de cette exposition dédiée à la mémoire et à l'honneur.



Introduction, mise en page : JP.Gallais.






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