lundi 16 mars 2015

RESISTANTS FOUGERAIS tombés au MAQUIS de LIGNIERES-LA-DOUCELLE


     



Paul Lasnier, François Cheminel, Robert Gougeon, Auguste Leduc, René Pelé, Gilbert Zoccolini


Combattants et victimes du maquis de Lignières-la-Doucelle (Mayenne) .
 
                                                              Communication de Daniel Heudré, J-P Louvet.
        Juin 1944, les Américains débarquent sur les côtes normandes. Très vite des maquis se constituent en Ille-et-Vilaine et en Mayenne dans le but de stopper la remontée des troupes allemandes. Les résistants redoublent d’énergie et se retrouvent mêlés dans ce qui peut apparaître comme l’ultime combat.


      Vieux-Vy-sur-Couesnon, Saint-Marc-sur-Couesnon sont des lieux mémorables dans le pays de Fougères. En Mayenne, Lignières-la-Doucelle, connue de nos jours sous le nom de Lignières-Orgères mélange des patriotes de la Mayenne, de l’Orne et du pays de Fougères. Sans doute insuffisamment connu, le maquis est le lieu d’exécution de six de nos résistants fougerais. L’histoire et le souvenir ne peuvent oublier ces noms, ils méritent même un pèlerinage sur les lieux de la bataille, du sinistre de la commune  « petit Oradour-sur-Glane »  et du peloton d’exécution. Lignières se trouve à 92 kms de Fougères et est facilement joignable en une heure trente par la nationale.






































                            
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Paul Lasnier, François Cheminel Robert Gougeon, Auguste Leduc, René Pelé, Gilbert Zoccolini
Combattants et victimes du maquis de Lignières-la-Doucelle (Mayenne)


         


  Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents (photographies de résistants et des monuments commémoratifs)  sur cette affaire   write5.gif (312 octets)





 
Des résistants de Fougères sont  tombés sous le feu des fusils allemands, au terme d’une confrontation armée, d’une lutte mortelle entre maquisards, installés dans une ferme, à proximité de bois, en Mayenne et  contingents allemands, très  vite renforcés d’effectifs acheminés sur les lieux.
L’Ille-et-Vilaine comporte peu de maquis; les plus importants  sont  Broualan, situé au nord du département, celui de Vieux-Vy-sur Couesnon et celui de Saint-Marc-sur-Couesnon, tous les deux à proximité de Fougères. Leurs effectifs progressent beaucoup  à partir du 6 juin 1944.  Le débarquement sur les côtes normandes libère les énergies. Aussi n’est-il pas étonnant que le maquis de Lignières comporte au moins une quarantaine de personnes, à la date des affrontements du 13 juin 1944.
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Une journée cauchemardesque
Quelques jours seulement après le débarquement, cette journée interminable, cauchemardesque et ce lieu reculé honorent la Résistance, composée de patriotes d’Ille-et-Vilaine, de l’Orne, de la Manche et des gens du pays. Tous contribuent à la libération du territoire qui s’effectue d’une manière graduelle et souvent héroïque. Louis  Pétri, commandant interrégional des FTPF (Francs- Tireurs et Partisans français), Viel, dit « Maxime », chef de l’AS (Armée secrète), de La Ferté-Macé sont à la tête de ce rassemblement. Rave, instituteur à la Baroche, a prévu l’organisation de ce maquis, en relation avec d’autres maquis de la Mayenne, notamment Fougerolles-du-Plessis, la Baroche-Gondoin, Saint-Mars-du-Désert. Des hommes expérimentés, des chefs aguerris et aussi beaucoup de matériel entreposé à la Gérarderie, nom du village où se situe la ferme, exploitée par Gustave Bobot, un résistant du pays. L’armement est déposé  en grande partie chez Gautier à la Baroche-Gondoin.
Le but est très clair : ralentir la progression des convois allemands en marche vers le front de Normandie. L’attaque et la destruction des matériels allemands sont capitales,  aux yeux de ces maquisards qui n’ont qu’un seul objectif, la libération du territoire français.
La chronologie est resserrée  sur une journée où chaque épisode  a une énorme importance. D’abord, l’annonce de la présence d’un camion allemand en panne, rempli de treize allemands, encourage  les maquisards à se lancer à l’attaque. Des résistants du groupe FTPF commandés  par Pétri attaque le camion de la Wehrmacht, au lieu -dit « Le Fougeray ».
Le résultat est mitigé, certes cinq Allemands sont tués et trois sont faits prisonniers. Mais les groupes d’assaut, au nombre de deux, manquent de coordination. Le résultat est que deux résistants fougerais sont blessés grièvement : Paul Lasnier et René Pelé (Biographie).
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René Pelé
 
Robert Gougeon
 
Gilbert Zoccolini
 
 
 
 
 
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François Cheminel
 
Paul Lasnier
 
Auguste Leduc
Stèle de la Fouchardière avec le nom des patriotes exécutés
Seconde étape : les Allemands envoient des renforts, une heure après, des  passagers du camion  ayant réussi à prendre la fuite et à donner l’alerte.
Paul Lasnier de Fougères est arrêté au domicile d’André Catois, fils du maire de Lignières, à la ferme de la Cornière. Le responsable de l’AS est aussi intercepté à la mairie de la commune. Deux résistants d’envergure aux mains des Allemands.
Troisième étape : L’alerte donnée, les Allemands envahissent Lignières et déploient leurs troupes, sans doute au nombre de 200 soldats. Daniel Desmeulles, responsable de l’A.S. de l’Orne,  est arrêté, torturé et déporté vers Buchenwald, puis Bergen-Belsen. Paul Lasnier est fusillé dans la soirée, c’est la première victime du pays de Fougères.
Louis Pétri, le commandant du maquis
Quatrième étape : les troupes ennemies  investissent Lignières et encerclent le maquis. Alain Le Gac, né à Pleurtuit, âgé de 21 ans, est chargé d’assurer le guet et de défendre la ferme. Avec l’appoint des miliciens, les Allemands sont supérieurs en nombre et en armes.  Le combat est inégal et terrible. Des maquisards réussissent à rejoindre la forêt, d’autres restent sur place et réfugiés dans le grenier de la ferme, vont tenir en échec, pour un temps, les Allemands. Parmi ceux-ci, se trouve Louis Pétri. La ferme est incendiée. Trois maquisards prennent la fuite : Louis Pétri, Roland et un domestique. Le commandant Pétri confie, dans ses Confidences, qu’ils furent les seuls survivants de cette journée horrible.
Des camarades de combat de Pétri moururent dans cette journée, vers 23 heures : cinq résistants :
http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/mayenne/jouan-pierre120.jpgGustave Bobot: Le propriétaire de la ferme, Eugène Bobot, né le 5 avril 1883 à Lignières» fut retrouvé dans un champ voisin, où il avait été tué au moment de la bataille alors qu’il se disposait à traire ses vaches.
Rolland Bourgouin dit Delattre, ancien prisonnier de la prison de Vitré,
Pierre Jouan,
Alain Le Gac
Eugène Richomme
 
Enfin  l’épilogue, vers 23 heures : sept Résistants vont être alignés près du carrefour de La Fouchardière et fusillés, à proximité des camions allemands : Marcel Cottin, agriculteur à la Vacherie et des hommes de Fougères : François Cheminel, Robert Gougeon, Auguste Leduc, René Pelé, Gilbert Zoccolini. Bilan dramatique : 11 maquisards et 22 Allemands dont un officier. Faute de mettre la main sur les autres maquisards, les Allemands  incendient,  le 16 juin, la maison du maire et l’école  publique de Lignières. Sans parler du matériel de guerre et d’imprimerie, arsenal de tout résistant des années 1943-1944 totalement détruit.
Simone Viel, la fille du chef de l’Armée secrète, dit « Maxime », présente sur les lieux, soigne les blessés Allemands et Français. A sa manière, elle apporte une touche  d’humanité dans ce carnage. Elle sera arrêtée, interrogée, puis finalement emmenée à Alençon et déportée.
 
VIEL / PUECH  Simone , dite Simone Verger, née le 28 mai 1920 à St-Calais (72). Déportée de Paris, gare de l’Est le 3 août 1944 vers Sarrebruck (camp de Neue Bremm).(Matricule 51443). Autre lieu de déportation: Ravensbrück, Gartenfeld où elle libérée le 22 avril 1945.  Témoignage http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/icones/3stars.gif
Des résistants fougerais fusillés
http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/fusilles/v-bellis.jpgPaul Lasnier, blessé, puis   sauvagement assassiné, est né à Laignelet le 4 janvier  1925. Il est à l’origine de plusieurs groupes de F.U.J.P. (Forces Unies des Jeunesses Patriotiques et  se trouve aux côtés de ses camarades  contre les garages Opel de Fougères et contre la centrale de Saint-Brice-en-Coglès. Il est proche du chef Guy Bellis et lui succède, après que celui-ci est arrêté à Fougères, le 4 juin 1944.
François Cheminel est né  à Ernée (Mayenne)  le 26 novembre 1924. Il est l’un des participants de l’attaque des garages Opel, à Fougères et de la centrale électrique de Saint-Brice-en-Coglès. Il est domicilié au Pâtis, à Laignelet.  
Robert Gougeon est né à Fougères  le 28 août 1925.  Il participe à de nombreuses actions contre l’ennemi et seconde Pétri dans l'attaque de la prison de Vitré. Domicilié à Rennes, il est champion de boxe de l’olympic ring rennais.
Auguste Leduc est né à  Fougères  le 9 octobre 1922. Il habite rue Manceau. Il est réfractaire au STO. René Pelé est né  à Fougères le 26 mars 1924. Il habite au 51 rue des Fontaines.  Il est ouvrier  dans une usine de chaussures. Il a rejoint la Résistance dans les F.U.J.P. d’Ille-et-Vilaine. Comme Cheminel, il a participé au coup de force  contre la centrale de Saint-Brice-en-Coglès. 
Gilbert Zoccolini est né en Corse le 5 avril 1924. Il habite boulevard Thiers, à Fougères. Marcel Cottin, né à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 19 février 1898, exploite une ferme à Lignières.
Exception faite de Marcel Cottin, les résistants de Fougères sont très jeunes, beaucoup ont une vingtaine d’années, l’un d’eux, Zoccolini n’a que 19 ans. Ils ont participé ensemble  à de hauts faits de la Résistance en Ille-et-Vilaine et à Fougères. Avant d’être exécutés, certains subissent les tortures des SS. Leurs noms ne devraient pas être  oubliés dans la mémoire collective, car ils ont porté la lutte dans des lieux espacés qui tissent une carte de la Résistance.
 
Une commune endeuillée et sinistrée
Maquisards au coude à coude avec des Résistants de l’Ille-et-Vilaine, de l’Orne, de la Manche et de la Mayenne, ils incarnent  une Résistance, à la fois diversifiée et coordonnée, après le débarquement sur les côtes normandes. Ils sont des libérateurs du territoire, à l’image de tous ceux qui freinent ou stoppent la remontée des troupes allemandes.
Leur mémoire est honorée à travers des monuments érigés dans cette commune rurale de la Mayenne : la stèle de La Fouchardière comporte, gravés dans la pierre, les noms des patriotes exécutés. Dans le bourg de la commune, quelques monuments rappellent la Résistance de Lignières. De nos jours, des habitants de la commune  gardent la mémoire des évènements, par le biais d’une exposition qui mériterait d’être davantage connue et exploitée.  
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Le monument de Lignères-Orgères
Du maquis de Broualan  (au nord de l’Ille-et-Vilaine) et de Fougères, des hommes ont rejoint des combattants de l’Orne, de la Manche et de la Mayenne, frères d’armes dans un combat impitoyable contre les convois et le matériel allemand. Expérimentés, ils se sont rapprochés dans l’espoir d’accélérer la déroute de l’ennemi. D’horizons géographiques différents et de mouvements de Résistance unis, ces combattants ont écrit une des plus belles pages de cette insoumission.
Bien sûr, peu de temps après, le 7 juillet 1944,  le maquis de Broualan sera envahi par le « Bezen Perrot » et le SD, avec des exécutions immédiates et des fermes incendiées. De même, le maquis de Saint-Marc-sur-Couesnon sera investi, le 25 juillet 1944 par la Milice, qui exécutera quatre Résistants.
Lignières-la-Doucelle, Broualan, Saint-Marc-sur Couesnon, trois hauts-lieux de la Résistance et trois belles pages d’Histoire.
Daniel Heudré et Jean Paul Louvet
 
1 Desmeulles, professeur d'histoire à Alençon, chef départemental de l'A.S. de l’Orne, sera déporté de Pantin, le 15 août 1944 vers Buchenwald. Il décédera le 12 mai 1945 à Bergen-Belsen.
Sources:
 
http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/mayenne/monument.jpgLes crimes de guerre allemands dans la Mayenne: Comité départemental de Libération de la Mayenne. Notice historique établie par R. Bignon.
Documents communiqués par Jacques Garcin, Président de l'Association Départementale "Mémoire de la Résistance.
Printemps et été 1944 à Lignières-la-Doucelle et Orgères-la-Roche. VIie, drames, espoirs et libération. André Robert et Christian Ferrault. Avec la participation de Madeleine Catois et Pierre Tonnelier
 
 
1 -M. Desmeulles, professeur d'histoire à Alençon, chef départemental de l'A.S. de l’Orne, sera déporté de Pantin, le 15 août 1944 vers Buchenwald. Il décédera le 12 mai 1945 à Bergen-Belsen.
 
Autres sites:

Printemps et été 1944 à Lignieres la Doucelle et Orgeres la Roche
VIE, DRAMES, ESPOIRS ET LIBERATION
D'André ROBERT et Christian FERAULT
Avec la participation de Madeleine CATOIS et Pierre TONNELLIER
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    accueil-mdg1.gif (1380 octets)    Dernière mise à jour:           17/01/2015
 


 








 

 









                                                                        


 


dimanche 25 janvier 2015

RESISTANCE FOUGERAISE 1943 :JULES et ROGER FONTAINE



Jules et Roger Fontaine, des résistants très                     actifs du pays de Fougères











 Roger Fontaine




  Jules, le père, est né le 5 août 1905, à Gosné; Roger, le fils, le 12 mars 1927 à Fougères. Deux figures marquantes de la Résistance qui multiplient les actions de destruction de matériel, de moyens de transport, d’outils de production, propriétés de l’occupant ou des forces de collaboration. Mais ce qui frappe le plus la mémoire de la ville de Fougères est, sans aucun doute, l’attentat contre le symbole même de l’occupant, au plein cœur de la ville, un jour mémorable, celui du 14 juillet, un attentat au bilan meurtrier et aux graves conséquences.
 Nul ne peut remettre en cause l’ampleur de ces activités ni celle de la montée en puissance d’une résistance armée et violente. Certes elles frappent l’opinion, mais elles expriment une lutte armée qui aura d’autres épisodes.


   Débuts dans l'OS

 L’appel de Londres du 18 juin 1940 semble entendu par cette famille Fontaine. Jules rejoint le groupe O.S. (Organisation spéciale) de Fougères. C’est une structure du PCF (Parti communiste français), parmi des organisations encore embryonnaires, avant leur unification au sein des Francs-Tireurs et Partisans français. A l’origine, les membres de l’OS n’étaient guère nombreux en Ille-et-Vilaine, 58 actifs en juin 1941. A ce titre, il distribue des tracts, des journaux, des brochures anti-allemands et anti-vichyssois. La désobéissance constitue le motif premier de l’action militante. Elle lui vaut d’être arrêté plusieurs fois, mais relâché, faute de preuves tangibles. Son fils, Roger, l’accompagne dans cette école du refus.

    Organisation des FTPF

   Dans les années 1942-1943, les Fontaine organisent et dirigent les F.T.P.F. à l’origine de faits mémorables et toujours risqués. Le R.N.P. (Rassemblement national populaire) et le siège du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) qui marque une étape décisive dans la Collaboration à partir de février 1943 sont attaqués à la bombe, rue Nationale, à Fougères. C’est le cœur même du régime de Vichy qui est visé à travers ce parti collaborationniste de Marcel Déat. Des meules de foin et de paille entreposées sur les wagons stationnés à la SNCF de la ville, des camions allemands sont également incendiés, boulevard de la Gare et rue de Bonabry. Cette fois, l’occupant est atteint à travers ses outils de transport et son pouvoir économique. A l’extérieur de la ville, Montbelleux, mine de wolfram, située sur le territoire de La Selle-en-Luitré, est sabotée, stoppant la production pendant trois semaines. Cette mine a été accaparée par les Allemands et symbolise une appropriation économique inacceptable aux yeux de la Résistance.

  Attaque de la Feldgendarmerie de Fougères

 Enfin, l’exploit le plus visible est certainement l’attaque de la Feldgendarmerie de Fougères avec le lancement d’une grenade. Le bilan est lourd : un officier allemand est tué, une dizaine d’autres grièvement blessés. Le jour même de la fête nationale du 14 juillet 1943, en plein midi. Les représailles des Allemands ne tardent pas à être exécutées: une dizaine de fougerais sont pris en otages et envoyés dans des camps de déportation. Parmi ceux-ci, Marcel Hamard, Joseph Huchet, Marcel L’Armor, Marcel Pelé, Antoine Perez, Louis Roussel. L’un d’eux marquera l’histoire de la ville, à son retour des camps : Hippolyte Réhault, qui deviendra le maire de Fougères (1947-1965) et reconstruira la ville, détruite par les deux bombardements de juin 1944. Réhault, industriel de la chaussure, était suspect aux Allemands, car ses deux fils étaient partis par Londres en passant par l’Allemagne.




  Condamnation à mort par le Tribunal Militaire Allemand



 Lettre de Jules Fontaine à sa femme, Madeleine.


Lettre de Roger Fontaine à sa mère et à son petit frère.





  Jules et Roger Fontaine sont arrêtés le 29 novembre 1943, rue Charles Malard, à Fougères, par la S.P.A.C., torturés et incarcérés à la prison Jacques Cartier à Rennes, puis transférés le 15 mai 1944 à Fresne. Ils sont fusillés le 24 juin 1944, au motif qu’ils sont les auteurs de l’attentat contre la Feldgendarmerie allemande. Les lettres écrites à l’intention de leur famille témoignent d’une grande humanité, déjà visible à travers l’aide apportée aux réfractaires. Ainsi on peut dire que les Fontaine ont conjugué toutes les formes de Résistance, de la diffusion de presse clandestine, de soutien aux hommes frappés par le STO à la lutte armée, caractéristique de l’année 1943.


 Comment ne pas associer à Jules et Roger Fontaine le nom de Bellis et de Colas, et puis tous ceux qui ont été fusillés à la Maltière!
                                                                                        Daniel Heudré
 
 
 

mardi 16 décembre 2014

Parution: ACTES du COLLOQUE, centenaire de la Société d'Histoire

      
 LES ACTES du COLLOQUE
sont parus le13 décembre 2014 sous le titre


  CENT ANS D'HISTOIRE ET D'ARCHEOLOGIE EN PAYS DE FOUGERES


   160 pages, près de 100 illustrations.
    Prix:20€, en librairie
    Par courrier: frais de port 4€








 Renseignements:julien_bachelier@hotmail.com



  Le COLLOQUE du CENTENAIRE


         de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères

                    s'est tenu  à Fougères  le Samedi 14 septembre 2013

                          


 Cl. Archives  municipales, Fougères.



                                              Communications:
-  Introduction
     par Bernard Heudré, Président de la Société.


- Discours d'ouverture
  par Madame Evelyne Gautier-Le Bail, adjointe au Maire, déléguée à la Culture.



 : Le Château de Fougères: un siècle de recherches.
     par Julien Bachelier.



-Occupation du  paysage sur le site de Plaisance  (Les Vairies), à Saint-Sauveur- des- Landes, de l'époque gallo-romaine à l'époque moderne.
      par Aurélie Reinbold et Jean-Charles Oillic.



- Etude architecturale de l'église de Tremblay   par Anne Lunven.



 - Présentation  d'Albert Durand, fondateur de la Société d'Histoire et du Syndicat d'Initiative.
     par Dominique Le Marois.



- Amédée Fleury, artisan-photographe: regards sur le monde rural du pays de Fougères.
     par Sophie Planchet.



Architecture du XVIIIè siècle: immeubles de la Haute Ville et résidences aristocratiques du pays de Fougères.
     par Isabelle Letiembre.









Hôtel de La Bélinaye, XVIIIe, Coll. privée.





                                               source et contact:  histarcheo35300@gmail.com


mardi 28 octobre 2014

ANNE de BRETAGNE entre légende et réalité.



      COMMEMORATION de la mort d'Anne de Bretagne

     Musée de Bretagne, Les Champs Libres : 

      Anne au coeur de Rennes

      L'héritage d'Anne de Bretagne dans les collections du musée.




 Bourdichon, Grandes Heures, BNF 9474
                                  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f14.item






    Fille de François II et de Marguerite de Foix, Anne de Bretagne est née à Nantes  le 25 janvier 1477. Duchesse de Bretagne à 11 ans, elle est couronnée dans la cathédrale Saint-Pierre de Rennes le 10 février1489.Après un premier mariage par procuration avec Maximilien d'Autriche(mars1490), elle accepte d'épouser l'année suivante, le roi de France Charles VIII, vainqueur du conflit franco-breton après la défaîte de Saint-Aubin-du-Cormier, la prise de Nantes et le siège de Rennes.Anne perd l'administration de son duché.Le 8 février 1492,elle est sacrée reine de France à Saint-Denis.
  Le décès accidentel de Charles VIII  survient en 1498, elle  reprend son titre de duchesse de Bretagne, rétablit Philippe de Montauban dans sa charge de chancelier de Bretagne  et exerce son pouvoir sur le duché. Le nouveau roi de France, Louis XII, l'épouse au château de Nantes en janvier 1499. 
  De cette union, deux filles survivent : Claude de France qui épouse, contre la volonté de  la reine, le futur roi François Ier en mai 1514 et Renée de France, mariée au duc de Ferrare, Hercule II d'Este.
  Anne de Bretagne s'éteint le 9 janvier 1514 à Blois, à l'âge de 37 ans. Cérémonies et cortège funèbres durent 40 jours. Les funérailles d'Anne de Bretagne à Blois, Saint-Denis et Nantes ont fait le sujet de nombreux récits, le plus célèbre est  le manuscrit enluminé de Pierre Choque, son héraut d'armes. Elles sont également rapportées par Brantôme.


 Reliquaire  ayant  reçu  le coeur d'Anne de Bretagne, déposé dans le tombeau de François II et Marguerite de Foix, selon sa volonté expresse, conservé au musée Dobrée, Nantes ; exposé au musée de Bretagne en  octobre-novembre puis à Châteaubriant.


 Le manuscrit enluminé de Pierre Choque, conservé à la bibliothèque de Rennes est accessible sur le site:


                       TABLETTES RENNAISES

  Il est possible de le  feuilleter:
 L'une des enluminures: la parhélie de janvier 1514






































































    La  légende a beaucoup brodé sur le rôle politique et diplomatique d'Anne de Bretagne, surtout dans la seconde moitié du XIXe: on a vu en elle une protectrice des intérêts bretons,  et même un symbole du particularisme provincial. Bien que le personnage soit très controversé, les historiens s'accordent sur l'attachement qu'elle avait pour la Bretagne et l'importance qu'elle donnait au raffinement de la cour royale et à son rôle de mécène, fidèle à la tradition princière à l'aube de la Renaissance française.
Anne de Bretagne exigeait de ses nombreuses dames  de cour  l'élégance et la distinction de l'âme et de l'esprit, comme l'affirme Brantôme. Elle était entourée de poètes de cour (Jean Marot et quelques grands rhétoriqueurs) de ménestrels et de musiciens, de chroniqueurs (l'historien Pierre Le Baud de Vitré qui fut son aumônier et conseiller, Lemaire de Belges, historiographe de Louis XII au service de la reine après 1512, Alain Bouchart, auteur des Grandes Croniques de Bretaigne) et tous avaient à cœur de réjouir et de célébrer le roi et la reine, à une époque où la faveur royale conditionnait  la pratique artistique. En 1512, Germain de Brie, lui dédie un grand poème épique en latin évoquant le dernier combat du navire  de la reine La Cordelière contre la flotte anglaise.



 Elle tenait de son père François II le goût du luxe et possédait une des plus belles collections princières : outre l'héritage des ducs de Bretagne, elle avait reçu celui de Charles VIII qui l'avait comblée. Anne de Bretagne comptait dans ses collections de nombreuses pierres précieuses,  des parures de table  (salière, alors privilège royal et nefs de table) des pièces d'orfèvrerie religieuse, un nombre impressionnant de tapisseries grandioses et ces parures l'accompagnaient lors des déplacements de la cour. Les inventaires d'Anne de Bretagne conservés aujourd'hui à la BNF (fonds des Blancs-Manteaux, 22335) sont éloquents:


                                                         inventaire d'Anne de Bretagne 



    Elle a  fait achever  l'oeuvre de reconstruction de son père au chàteau de Nantes (Grand Logis et Tour de la Couronne d'or), les édifices ou monuments religieux qu'il avait patronnés  comme la cathédrale de Quimper, la chapelle du Pénity à Locronan ; le retable de Notre-Dame  dans l'église Saint-Sulpice de Fougères commencé par  François II est terminé sous son règne et béni en 1503,il porte en son centre l'écusson de François II et, sur sa droite, celui d'Anne de Bretagne parti de France et de Bretagne.Elle-même fait édifier vers 1508 la chapelle de Grâces près de Guingamp.Plusieurs cités et ordres religieux bénéficient de ses libéralités.


 Tombeau de François II et Marguerite de Foix, statues des quatre Vertus: la Justice.
 Cathédrale de Nantes.

   Son goût esthétique est à l'origine de  monuments de commande remarquables où la Renaissance italienne  a imprimé sa marque:le tombeau de ses parents à Nantes par Michel Colombe  sur un dessin de Jean Perréal, celui de ses fils par Pacherotti (Jérôme Pacherot)à Tours. 
   Par ses commandes,elle a soutenu la création artistique,conformément à la tradition du mécénat royal : plusieurs livres d'Heures enluminés ont été réalisés à sa demande. Les peintres Jean Poyet et Jean Bourdichon ont été sollicités. Avec les Grandes Heures,œuvre somptueuse(1),réalisée entre 1503 et 1508, quatre années de passion, l'enluminure atteint des sommets et marque " la fin triomphale de l'art millénaire de la miniature", selon l'expression d'Emile Mâle.


 Feuilleter les manuscrits enluminés:



 GRANDES HEURES, Jean Bourdichon



J. Marot, Le voyage de Gênes, Enluminures attribuées à J.Bourdichon:




   
  Au décès de la reine  le 9 janvier 1514, les hommages des grands et du peuple sont unanimes. Les poètes se répandent en éloges : épitaphes, rondeaux, panégyriques, pièces de circonstance sans doute,pour une part sincères,fleurissent sa mémoire. La relation des obsèques et les hommages à la Reine ont été réunis par Pierre Choque, son héraut d'armes, à la demande de Louis XII dans Commémorations et Advertissement de la mort d'Anne de bretagne, ouvrage de huit-cents vers...  

  Par son esprit ouvert au nouvel art de vivre venu d'Italie, sa sensibilité artistique et ses libéralités, Anne de Bretagne a participé à l'essor du mécénat ducal, sans égaler sans doute l'aura de la toute-puissante Marguerite d'Autriche  autour de qui gravitaient parfois les mêmes artistes. 

                                                                                    J.P.G.
 Note1: Les Grandes Heures  sont constituées de 238 folios : 52 peintures à l'origine, un calendrier évoquant les travaux des mois sur fond de page, un herbier de fleurs et plantes en pied habitées d'insectes disposé en marge du texte, soit 307 bordures florales.
 Sources:
- Leguay Jean-Pierre., Martin Hervé, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale, 1213-1532. Ouest-France Université, 1982.
- Girault Pierre-Yves, Les funérailles d'Anne de Bretagne, reine de France éditions Gourcuff Gradenigo, 2014.
-Avril Françoise, Reynaud Nicole, les manuscrits à peinture en France, 1440-1520, Bibliothèque Nationale, 1993.