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vendredi 24 janvier 2020

Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères









 .

Chapelle Saint-Jacques de Marigny (cliché SHAPFougères)

OBJECTIFS  DE   LA  SOCIETE

La Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères s'intéresse aux évènements et aux personnages qui ont façonné l'Histoire dans la région de Fougères et les territoires
voisins;elle se tourne aussi vers les coulisses de la petite histoire, de la vie ordinaire et vers les contingences qui ont dessiné son paysage culturel. 

Attentive à la préservation du Patrimoine, elle y contribue en le faisant connaître et elle
         entretient  deux chapelles qui lui ont été léguées: la chapelle Saint-Clair en La Bazouge-du-Désert et la Chapelle Saint-Jacques de Marigny en Saint-Germain-en-Coglès,  toutes deux servies par la beauté  d'un cadre naturel vallonné et boisé.



Ce blog vise à faire  partager des informations sur les richesses du patrimoine régional suivant deux axes:


SITES DE MEMOIRE, PERSONNAGES  D'HISTOIRE.



 La reproduction des articles et des images  est interdite sans autorisation  écrite
 préalable de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères;






















jeudi 25 juillet 2013

COLLOQUE DU CENTENAIRE 1913-2013


        COLLOQUE du CENTENAIRE


         de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères: 

                              Samedi 14 septembre 2013

                          Centre Culturel  Juliette Drouet
                                          Fougères.







 Cl. Archives  municipales, Fougères.





                                               Programme :

- 9h 30 : Ouverture du Colloque
     par Bernard Heudré, Président de la Société.

 9h35 : Le Château de Fougères: un siècle de recherches.
     par Julien Bachelier.

- 10h20:Occupation du  paysage sur le site de Plaisance, à Saint-Sauveur- des- Landes, de l'époque gallo-romaine à l'époque moderne.
      par Aurélie Reinbold et Jean-Charles Oillic.

-11h20: Les églises du pays de Fougères, histoire et archéologie du Vè au XVè siècle.
     par Anne Lunven.

 -14h30 : Présentation  d'Albert Durand, fondateur de la Société d'Histoire et du Syndicat d'Initiative.
     par Dominique Le Marois.

- 14h50 : Amédée Fleury, artisan-photographe: regards sur le monde rural du pays de Fougères.
     par Sophie Planchet.

- 15h30 : Architecture du XVIIIè siècle: immeubles de la Haute Ville et résidences aristocratiques du pays de Fougères.
     par Isabelle Letiembre.



Hôtel de La Bélinaye, XVIIIe, Coll. privée.



- 16 h30: conclusion du colloque et verre de l'amitié.



   Le colloque est ouvert à toutes les personnes intéressées par l'Histoire et le patrimoine. Celles qui souhaitent prendre le déjeuner  sur place (participation : 20 €) peuvent s'inscrire  avant le 2 septembre près de
               Nicolas Garel  , 42 rue des Prés, 35300 Fougères




jeudi 20 décembre 2012

LE TRESOR DE SAINT-MARC-LE-BLANC au Musée des Thermes de Cluny

                         UN   TRESOR  ENIGMATIQUE        

 
 
 
 


 Trésor de Saint-Marc-le-Blanc. Musée National des Thermes de Cluny.
(Clichés:J.M. Gallais.)



        Comme dans  la légende...

       En 1854, un agriculteur du village de la Maison Neuve, en Saint-Marc-le-Blanc, près de Saint-Brice-en-Coglès, fait une découverte originale dans une haie : un vase d'argile renfermant plusieurs pièces d'orfèvrerie celte : bracelets, anneaux, bagues en or et quelques lingots.


 Bracelet lisse, à  quadruple révolution,185gr. âge du Fer.


 
 
        Certains  bijoux ont disparu mais neuf sont exposés au Musée National du Moyen Age, dans les Thermes de Cluny (Paris Vè) et, comme bon nombre d'objets de cette période, ils gardent une bonne part de leur mystère. Ils voisinent avec une chaîne en or découverte en 1843 dans le tumulus funéraire d'un prince-guerrier en forêt de Carnoët, près de Quimperlé, et avec une parure torsadée, plus ancienne que celle de Saint-Marc-le-Blanc, trouvée à Cesson.  


       Si  les anneaux appartiennent à la période du Bronze final (vers 1200-800 av. JC), les autres parures semblent remonter au VIè siècle avant notre ère. Les plus anciennes présentent un dessin simple, tandis que les dernières sont souvent torsadées, ornées de filets guillochés, plus affinées. Les archéologues y ont vu des analogies avec les objets d'orfèvrerie de la même époque fabriqués au nord-ouest de la Péninsule Ibérique (Galice, Asturies...)
    Leur présence à Saint-Marc -le-Blanc pose la question de leur origine: l' idée de l'existence d'ateliers bronziers à Saint-Marc est acceptée:  près du lieu-dit le Plessis,  on a découvert en 1861  des fragments d'armes,de haches de bronze,de glaives, des  pièces de moule,des scories de charbon.... L'archéologue Danjou de la Garenne  a fait  le même  constat, sur le site de Mont-Baron, à l'orée de la forêt de Fougères en Saint-Germain-en -Coglès où il a relevé en 1871 une centaine de petites haches de bronze,  une pièce de moule, des scories métalliques, des traces de charbon. L'existence d'un travail de l'or sur place, où le métal faisait défaut , n'est pas encore fondée. 


     
 


 
                      Collier à triple torsade, âge du Fer, et bracelet
                                             ouvré de chevrons.
 
 
 
    Ces créations nous disent la maîtrise des arts du feu chez les Celtes, pratique magique en connivence avec la nature, captation des énergies secrètes de la Terre. Elles parlent un langage dont nous n'avons pas les clés, bien que de nombreuses tentatives de lecture aient été ébauchées, notamment à partir des quatre cônes de l'âge du Bronze, comme celui d'Aventon (musée de Saint-Germain-en Laye) et celui de Berlin.
    Déposées dans la nature, loin des sites d'exploitation ou des sépultures, ces oeuvres  ont pu s'inscrire dans un rituel d'offrande et de conciliation. Marques d'un savoir-faire relié à l'absolu, elles ont gardé, au delà des siècles, leur charge d'immatérialité.




 Torsade découverte à Cesson, début du Bronze final.

 
        Si travaillés qu'ils soient et si exceptionnelle qu'ait été leur découverte fortuite, ces objets n'égalent pas le raffinement de la tasse en or de Paimpont (1880), décorée d'une frise de canards très stylisés et de motifs en spirale sans doute solaires (vers 1250 av), déposée au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, visible d'un clic sur ce lien: 

                            
                                               Jean-Paul Gallais
       Droits réservés, Société d' Archéologie
 
      Clichés: J-M .Gallais. DR.
               
     Sources et bibliographie :
              - Musée national du Moyen Age, Thermes de Cluny, Ed 2003.          
             - Musée  des Antiquités nationales, Saint-Germain-en-Laye, éd.2004.



             - Eluère Christiane, L'art des Celtes, Cit.et Mazenod, 2004.
             - Duval Paul-Marie, Les Celtes, Gallimard, l'Univers des Formes,2009.
             - Bulletin Société Achéologique d'Ille-et-Vilaine, IX et XIII.







            




















 
                   

 

 



 
 

lundi 19 novembre 2012

JULIEN MAUNOIR à FOUGERES et à LA CHAPELLE -JANSON


 Julien Maunoir prêche la mission
 à Fougères (1662 et 1666 )
 et à La Chapelle- Janson (1661)

Eglise  St-Léonard et chapelle St-Nicolas, gravure XIXe,
 Médiathèque Fougères-Communauté.D.R.

 
      Lorsque le Père Maunoir arrive au Pays de Fougères, la foi semble bien fragilisée, les structures sociales et religieuses ont été mises à mal par les terribles épidémies de peste. L’ignorance et l’indifférence religieuse se sont étendues.

       Comme on l'a vu précédemment, les missions suscitaient des affluences inimaginables aujourd’hui. En 1662, lorsque le Père Maunoir prêche sa mission à Fougères, plus de 40 paroisses viennent en procession, les maisons et les places étant pleines, il faut "camper" ,dans les champs. Le Père Boschet, auteur d'une biographie de Julien Maunoir (1697) écrit: " L'ardeur de se confesser  et de communier pour gagner l'indulgence était telle que plusieurs attendirent deux jours et deux nuits au confessionnal sans prendre de nourriture."  Cet entassement de population causait parfois des maladies graves, ce fut ainsi que « deux des missionnaires du Père Maunoir furent emportés par la fièvre après la mission de Fougères »…morts de la fièvre ou  d’épuisement.
 L'ouvrage du Père Boschet est accessible en cliquant sur ce lien:
    (Mission de Fougères p.244-245)
http://books.google.fr/books?id=nXzN4Kj7zNYC&pg=PA221&lpg=PA221&dq=tr%C3%A9guier+maunoir&source=bl&ots=o6HMAyYOKF&sig=QE5bqKPwqXPE77D9Tp9Jmwpd_bo&hl=fr&sa=X&ei=7e6cUIndIa_I0AW04YGoBg&sqi=2&ved=0CFYQ6AEwBw#v=onepage&q&f=false



 Eglise de la Chapelle-Janson.( cl. M Hodebert)



 
 LA CHAPELLE-JANSON



 
 



 





 
       En 1661, après  les visites de la prison et de l'hôpital de Rennes, Julien Maunoir arrive dans la paroisse de la Chapelle-Janson. Le Père Séjourné, autre biographe de Julien Maunoir(1895), écrit qu’à la Chapelle-Janson, on n’avait pas fait le catéchisme depuis 14 ans lorsque le prédicateur vint y prêcher une mission qui dura cinq semaines.

      A l’époque, sévissait dans la région une secte satanique appelée par les missionnaires les « Iniquités de la Montagne(1) » ; ce culte voué aux forces occultes, mêlé de sorcellerie, se pratiquait dans des réunions nocturnes au cours desquelles le mystère des mauvais sorts attisait les passions.
       De son passage à La Chapelle-Janson, le Père Maunoir lui-même, rapporta, dans un récit assez fantastique, une scène qu’il aurait vécue dans cette paroisse, constatant avec tristesse que « là aussi la secte infernale comptait de nombreux affiliés ». C’est ainsi qu’un petit pâtre de 12 ans qui accompagnait des voisins, fut surpris par la nuit. Arrivés à l’entrée de la forêt, ils y trouvèrent rassemblée une quantité de gens de toutes conditions. Au milieu d’eux siégeait une sorte de trône sur lequel était assis un personnage hideux qui lui demanda de l’adorer. Le pâtre s’y refuse, un inconnu  tire un pistolet de sa poche et l'en menace. Il fait le signe de la croix et la scène s’évanouit. Le lendemain, le petit berger gardait son troupeau lorsqu’un enfant d’une grande beauté descendit du ciel sous ses yeux et le félicita pour sa conduite de la veille... 
          Cette mission  est rappelée dans la belle église de La Chapelle-Janson par une fresque peinte par l'artiste Louis Garin en 1959.




Prédication du Bienheureux Julien Maunoir en la paroisse de La Chapelle-Janson
 Mission de 1661. Fresque de L.Garin (1888-1959 ).L'étendard qu'il brandit
 représente saint Michel  terrassant le démon, l'un de ses sujets favoris.
 

      Julien Maunoir revient prêcher dans son pays à St-Georges-de-Reintembault et à Fougères en 1666  et pour la quatrième fois  à St-Georges en 1681.  Il s'éteint à l'âge de 77 ans le 28 janvier1683, alors qu'il préparait la mission de Plévin (Côtes d'Armor) où il repose.
        Depuis trois cents ans, on se recueille sur la dalle qui marque l'emplacement de son tombeau  près du choeur dans l'église de Plévin et on invoque la statue de l'apôtre en prière.



Mort du Père Maunoir, atelier G. Léglise, 1926.


       Dès 1687, les Etats de Bretagne, réunis à Vitré, demandent aux  évêques bretons d'instruire le procès de béatification de Julien Maunoir, procès longtemps différé ; la cause  n'est retenue par Rome qu'en 1875. La béatification  est enfin proclamée par Pie XII  en 1951 et solennellement fêtée  en Bretagne .




Eglise de St-Georges-de-Reintembault, Vitrail de la chapelle du
 Père Maunoir, XXe.Sur l'autel se dresse la statue du prédicateur.

 
 Texte: Marcel Hodebert
Clichés : Jean-Paul Gallais.

DR




(I) Iniquités de la Montagne: expression empruntée à Bède le Vénérable désignant les oeuvres du      démon in Séjourné X-A, Histoire du vénérable serviteur de Dieu, Julien Maunoir, chapitre XVIII, Oudin, 1895.


 
 
 
 
 
 
 

jeudi 10 mai 2012

Le général FRANCOIS-RENE de POMMEREUL, amateur d'art


FRANCOIS-RENE de POMMEREUL,  esthète et mécène.




L'AMATEUR D'ART

           Si François-René de Pommereul a traduit plusieurs essais sur l'Art du critique italien Milizia, il a aussi exprimé ses propres conceptions ; adepte du néo-classicisme, il a préconisé l'édification de monuments publics pour familiariser la société avec l'art et il a voulu encourager la créativité des artistes principalement des graveurs : ses thèses sont exposées dans la seconde partie de l'ouvrage De l'art de voir dans les Beaux-Arts  : " Des institutions propres à encourager et perfectionner les Beaux-Arts en France "  p.233à 274, accessibles  en cliquant sur ce lien

      
          Pommereul a milité pour la création d'un musée public de gravure où seraient réunies les estampes des collections nationales et conservés les cuivres des graveurs ; il a voulu faciliter le commerce des épreuves de façon à soutenir la création des artistes, il est ainsi à l'origine de la CHALCOGRAPHIE du LOUVRE ou  Collection des estampes (1799) dont on peut voir l'historique en cliquant sur ce lien:


Gravure  d 'ex-libris (marque d'appartenance), d'inspiration néo- grecque ,
début XIX, Archives municipales de Fougères, fonds Pommereul.



UN GRAND BIBLIOPHILE

          Sa bibliothèque en partie conservée à la médiathèque de  Fougères allie la curiosité littéraire et scientifique à un goût d'esthète. L'exploration des lointains, le contact des civilisations proposent aux philosophes des Lumières une autre approche  du vrai et du beau :

Gravure de frontispice de Baquoy.
Description géographique de l'Empire de la Chine et de la
Tartarie Chinoise, par le père du Halde.
 Fonds  ancien, Médiathèque de Fougères.


       Ses collections offrent un reflet de sa culture  humaniste et encyclopédique. Elle est riche de milliers d'ouvrages qui couvrent les débuts de l'imprimerie et les trois siècles suivants : oeuvres de la littérature latine, premières éditions d'oeuvres littéraires, ouvrages artistiques, historiques et scientifiques, récits de voyages... Ces volumes  souvent parés de reliures de cuir somptueuses et de gravures d'artistes renommés sont à eux seuls des oeuvres d'art.



 Reliure Mosaïque luxueuse, fin XVIIIè . Voyage de La Pérouse autour du Monde.
 Paris, 1797. Médiathèque de Fougères, fonds patrimonial,12 B.


       En 1838, le général Gilbert de Pommereul (1774-1860) a fait don à la ville de Fougères de sa bibliothèque personnelle héritée de son père, soit 5 000 ouvrages du XVè au XVIIIè siècle et  une collection de très belles gravures;il a  ainsi permis la création d’une bibliothèque municipale. La rue Pommereul qui longe l'ancienne bibliothèque et s'ouvre à proximité de l'hôtel Bertin (aujourd'hui presbytère Saint-Léonard) - où Gilbert de Pommereul a accueilli son ami  Honoré de Balzac - perpétue le souvenir de cette illustre famille.


Ex-libris du général baron François de Pommereul, gravé en taille-douce, style rocaille,figurant les armes du propriétaire: la feuille de fougère,
 le rempart crénelé, le canon et la plume.
Recueil de pièces servans à l'histoire de Henry III ..,1662. Médiathèque de Fougères 60A.
                                                                              Texte et clichés: Jean-Paul Gallais.
                                                                              Images protégées

 Ressources documentaires:
- Archives de Fougères, fonds Pommereul.
-Quelques biographies du XIXè, souvent partisanes...et incomplètes,
-  Encyclopédie wikipedia.
- Des éclairages brefs mais différents  dans ces publications:
     Revue "Le Pays de Fougères",article de Daniel Heudré, n. 141,1999.
     Docteur Poirier" Hauts lieux réputés au Pays de Fougères", 1983
     Depasse François, Fougères et ses environs ,Bastion,rééd. 1986.
                                                                               

lundi 13 février 2012

Personnages d'Histoire : Honoré de La Riboisière, l'homme de la continuité.


Honoré- Charles Baston de La Riboisière


 
 Antoine-Jean Gros, Portrait du comte Honoré de La Riboisière, 1815.


 AU SERVICE DE L'EMPEREUR

       Fils aîné du Général de La Riboisière et de Marie Le Beschu de la Rallaye, Honoré est né à Fougères le 21 septembre 1788.   Il se destine à une carrière militaire et entre, en 1807, à l’Ecole Polytechnique d'où il sort lieutenant d’artillerie. Nommé aide de camp de son père, il participe aux campagnes d’Espagne et d’Autriche, remplit des missions en Westphalie et en Pologne, essuie le feu à la bataille de Wagram et participe à la campagne de Russie, avec son frère cadet Ferdinand mortellement blessé au cours de la bataille de La Moskova. Il est capitaine lors du passage de la Bérézina où il combat vaillamment ; son cheval est tué sous lui, précipité dans le fleuve, il ne doit son salut qu’à la présence d’esprit d’un camarade qui l’aide à sortir de ce mauvais pas. A peine rétabli, il perd son père le 21 décembre 1812 à Königsberg, peu après le décès de son frère sur le  champ de bataille.
                                 
                                                                                                                       
 Au début de l'année suivante,il est nommé  à la direction de l'Artillerie et reçoit le titre de chambellan de l’Empereur. Le 11 janvier 1814, il épouse Elisa Roy, fille d’Antoine Roy, richissime avocat qui deviendra Ministre des finances de Louis XVIII, Ministre de Charles X et Pair de France. Il échappe à la disgrâce au retour des Bourbon. 
Pendant les Cent-Jours, Honoré reste fidèle à l’Empereur et devient son officier d’ordonnance. Waterloo met provisoirement un terme à sa carrière militaire mais il n'est pas inquiété par le nouveau pouvoir et affiche des opinions assez libérales : l'influence de la puissante famille Roy  lui offre une protection sûre.



    UNE LONGUE CARRIERE  MILITAIRE ET POLITIQUE 


Il partage sa vie entre le château de Monthorin à Louvigné-du-Désert qu’il embellit et agrandit, et Paris où il reçoit dans son hôtel particulier. Elu député de l'arrondissement de Fougères et de Vitré en 1828 après la démission de Rallier, il siège au centre-gauche avec l'opposition et est réélu en 1830 après la dissolution de la Chambre par Charles X.  


     Après les Trois Glorieuses et l'avènement de Louis-Philippe, Honoré de La Riboisière est nommé Chef de la Vème Légion de la Garde Nationale en 1831, fait Officier de la légion d’Honneur, promu lieutenant-colonel puis colonel et enfin commandant en chef de cette Vème Légion qui a pour rôle de défendre la capitale.
Son mandat de député est confirmé en 1831 et 1834. Le roi Louis-Philippe l’élève  la dignité de Pair de France en 1835. Lorsque la Révolution de 1848 éclate, Honoré  se trouve dans sa demeure de Monthorin à Louvigné-du-Désert. En 1849, il est élu représentant à l’Assemblée législative par le département d’Ille-et-Vilaine et adhère au parti du Prince-Président. 
 Son épouse, Elisa Roy, décède  en 1851 sans lui avoir donné d’enfant. En 1852, il est nommé sénateur. C’est en 1854 qu’il épouse Antoinette de Robert d’Acquéria de Rochegude qui, le 1er janvier 1856, lui donne l’héritier tant espéré : Ferdinand de La Riboisière ; lui-aussi  marquera profondément le Pays de Fougères par son action politique et ses initiatives agricoles et sociales.
Père à 68 ans d’un fils prénommé Ferdinand en souvenir de son frère tué à la Moskova, Honoré de La Riboisière voit le malheur s’abattre sur son foyer lorsque son épouse meurt le 7 janvier des suites de ses couches. Dans le même temps, il devient maire de Louvigné-du-Désert en 1863 et  s'emploie à  apaiser un climat houleux au sein du conseil et à redresser les finances; il dirige la commune  jusqu'en 1868.
  Honoré de La Riboisière meurt à Paris le 21 mars 1868 à l’âge de 80 ans. Lors de ses obsèques à Monthorin, une foule nombreuse  vient rendre   hommage à un notable discret et efficace, unanimement respecté.



UNE GENEROSITE  RECONNUE


                      
                            Hôpital Lariboisière,  édifié de 1848 à 1853, par l'architecte Gauthier: pavillons parallèles
                            et galeries  lumineuses,très modernes à l'époque. 


C'est grâce à la comtesse de La Riboisière-Roy que la ville de Paris a pu mener à son terme la construction de l'hôpital prestigieux qui porte son nom. A son décès en 1851, elle lègue par testament à la ville de Paris la nue propriété de ses biens immobiliers très vastes pour fonder l'hôpital  La Riboisière, son mari restant bénéficiaire de l'usufruit. Pour permettre  à la ville de Paris d'utiliser dans l'intérêt  public le legs de son épouse, Honoré de La Riboisière  renonce à une partie de sa succession et verse à la ville la somme à l'époque colossale de 2 057 402 francs-or; ce geste permet  à Paris de financer en bonne  part l'achèvement des travaux.  Implanté aux portes de Paris, dans un environnement peu favorisé, l'hôpital Lariboisière a parfois été appelé "le Versailles de la misère". Revers de la géographie, Zola l'a intégré dans le cadre romanesque de "L'Assommoir"...





                                       Chapelle néo-Renaissance ornée des allégories
                                             de la Foi, de l'Espérance et de la Charité.





                 A l'intérieur de la chapelle, monument  funéraire en l'honneur de
                 la comtesse  Elisa de La Riboisière (vue partielle),  orné d'une
                                représentation de la Charité ; oeuvre du sculpteur
                                     Charles Marochetti,1853 .                                                



 La ville de Fougères n'a pas été oubliée:  le couple de La Riboisière y a fait édifier sur la place qui porte son nom une salle d'asile pour l'accueil des enfants pauvres :  son fronton  abrite une Vierge à l'enfant  qui rappelle sa fonction  d'institution de charité. C'est aujourd'hui l'école Odile Gautry




Ecole Odile Gautry, Place Lariboisière, Fougères.


LE MECENAT ARTISTIQUE

Outre ses activités  caritatives et ses réceptions mondaines,  madame de La  Riboisière anime un salon littéraire et artistique réputé ; le comte est  un amateur d'art, grand collectionneur d'antiquités gréco-romaines et orientales. Dès 1830, il préside le "Cercle des Arts", société qui soutient les jeunes artistes. Il est proche des peintres Antoine-Jean Gros dit le baron Gros, Alfred Johannot, Horace Vernet ; beaucoup ont réalisé des portaits de sa  famille.





UNE CHRONIQUE DE LA VIE PARISIENNE



   Une partie de sa correspondance avec sa mère, conservée aux Archives municipales de Fougères, a fait l’objet d’une étude intéressante de M. Jérôme Lemesle, auteur d'un article sur Honoré de Lariboisière dans le tome XLVIII  de notre Bulletin et Mémoires, elle couvre la période de 1813 à 1844, année de la mort de la comtesse La Riboisière. S’étalant sur une période de 30 ans, la correspondance aborde l’Histoire de la fin de l’Empire à Louis-Philippe. Honoré de La Riboisière, témoin de son temps, en fils aimant, rapporte à sa mère restée en Bretagne, aussi bien les événements parisiens de l’époque, les tribulations de la Chambre des députés, sa carrière politique… que sa vie privée émaillée de réceptions, de bals, de rencontres. On y perçoit également ses soucis, la maladie de sa femme, son attachement à Monthorin et à sa région natale …




 Le château familial de  Monthorin,
Louvigné-du-Désert. ( cliché M. Hodebert)
 Textes: Marcel Hodebert
             Jean-Paul Gallais
 Clichés: collection privée.