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vendredi 24 janvier 2020

Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères









 .

Chapelle Saint-Jacques de Marigny (cliché SHAPFougères)

OBJECTIFS  DE   LA  SOCIETE

La Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères s'intéresse aux évènements et aux personnages qui ont façonné l'Histoire dans la région de Fougères et les territoires
voisins;elle se tourne aussi vers les coulisses de la petite histoire, de la vie ordinaire et vers les contingences qui ont dessiné son paysage culturel. 

Attentive à la préservation du Patrimoine, elle y contribue en le faisant connaître et elle
         entretient  deux chapelles qui lui ont été léguées: la chapelle Saint-Clair en La Bazouge-du-Désert et la Chapelle Saint-Jacques de Marigny en Saint-Germain-en-Coglès,  toutes deux servies par la beauté  d'un cadre naturel vallonné et boisé.



Ce blog vise à faire  partager des informations sur les richesses du patrimoine régional suivant deux axes:


SITES DE MEMOIRE, PERSONNAGES  D'HISTOIRE.



 La reproduction des articles et des images  est interdite sans autorisation  écrite
 préalable de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères;






















samedi 13 octobre 2012

JULIEN MAUNOIR ET LA RECONQUETE SPIRITUELLE DE LA BRETAGNE


Catégorie: Apôtres et "fous de Dieu"




 Julien Maunoir (1606-1683)
 entre Plévin et Quimper.





 
       Le nom de Julien Maunoir est bien connu dans le Pays de Fougères, son souvenir est  omniprésent à Saint-Georges-de-Reintembault : sa  maison est sanctuarisée, une chapelle de l'église paroissiale lui est dédiée, plusieurs institutions , collège, associations portent son nom. A Fougères,  l'église du Bienheureux Maunoir , un vitrail de l'église Saint-Léonard, une rue, une fresque de Louis Garin  conservent sa mémoire. Mais il  a  surtout marqué  la Bretagne de l'Ouest qu'il a maintes fois parcourue : Quimper, Saint-Pol-de-Léon, PLeyben, Tréguier...  A Plévin où il repose, il est encore  vénéré et la population l'honore de deux pardons annuels. La Bretagne reconnaît en lui l'un des grands apôtres de la  renaissance catholique voulue par le Concile de Trente. Par quelle magie entraînait-il les foules?







 Eglise de Plévin, Côtes d'Armor,dernière mission et
 dernière demeure de Julien Maunoir.



 

 
 

UN GRAND MISSIONNAIRE BRETON 

             

 
 
I- JEUNESSE ET FORMATION
 

          Jésuite, missionnaire infatigable,prédicateur de grande renommée, grammairien bretonnant, Julien Maunoir est né à Saint-Georges-de-Reintembault le 1er octobre 1606 dans une maison transformée en chapelle dès 1662. Ses parents, Isaac Maunoir et Gabrielle Deloris étaient, dit-on, « plus riches des dons de la piété que des biens de la fortune », élevant quelques vaches pour arrondir leur revenu de tisserands, vivant très modestement, ce qui ne les empêchait pas de se montrer d’une charité proverbiale.








   
                                           Maison natale de Julien Maunoir
                 et chapelle attenante,Saint-Georges-de-Reintembault.





 
       Les premiers biographes du Père Maunoir ont laissé, comme souvent dans la vie des saints, des histoires merveilleuses et  naïves destinées à frapper les esprits de l’époque mais transmises de génération en génération jusqu’à nos jours. Ainsi, on raconte qu’un jour le petit Julien, encore enveloppé dans ses langes, tomba des genoux de sa mère sur la pierre de l’âtre de la cheminée. La dalle de granit se faisant aussi molle qu’un oreiller de plumes se creusa doucement afin d’amortir le choc et garda même l’empreinte de la tête de l’enfant...
 

        Comme beaucoup d’enfants de son âge, le jeune Julien a gardé les vaches dans le voisinage du bourg. On dit encore qu'il confiait la garde des bêtes à Dieu et allait prier à l’église. La tradition locale ,prompte à décrypter les vocations précoces, rapporte qu'il dirigeait ses camarades en procession à  la "Croix du Lac" et qu'il les sermonnait déjà...Quoi qu’il en soit, le jeune garçon s'est fait remarquer très tôt par le recteur qui l'a initié au latin et envoyé au collège des Jésuites de Rennes récemment fondé en cette ville à la demande de l’évêque. Remarqué là aussi pour sa piété par le père Coton, ancien confesseur d’Henri IV, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus et est envoyé au célèbre collège de la Flèche  puis il enseigne  les humanités à Quimper (1630 -1633) où il rencontre un prédicateur passionné Michel Le Nobletz, son maître spirituel ; dès lors, il se met à apprendre le breton  avec  beaucoup de facilité . Certaines  fables disent qu'au cours d'un pèlerinage  à la chapelle de Ty-Mam-Doué en Kerfeunten près de Quimper  il avait reçu d'un ange le don  de la langue... Après quatre années de formation théologique, il est ordonné prêtre à  Bourges en 1637.


 
Fichier:Cathédrale Saint-Corentin de Quimper 2005 01.jpg
Le don miraculeux de la langue bretonne à Julien Maunoir
oeuvre de Yann'Dargent, cathédrale de Quimper.
 (cl. Michael Kranewitter,W.Commons)

                        Textes : Marcel Hodebert
                                            Jean-Paul Gallais
                                     

        











 
 



 

samedi 24 mars 2012

: ABBAYE DE SAVIGNY IV : la décadence


             L'ABBAYE DE SAVIGNY  sur la pente de la décadence



Ruines de l'abbaye dessinées d'après nature par Victor Pacoy en  octobre 1817, copiées par M.de Malfilastre en 1833(,31.3x23.5).   En 1817, on distinguait encore le vaisseau de l'abbatiale envahi par la végétation et l'imposant pavillon des hôtes.Collection des dessins (cote 135), Médiathèque de Fougères.( Cliché protégé .)


 LES VICISSITUDES DE L'HISTOIRE

       Si l'abbaye a connu son "âge d'or" au cours des XIIIè et XIVè siècles, le déclin ne va pas tarder.  La  prospérité de  Savigny est d'abord fragilisée par la guerre de Cent Ans : l'abbaye  est occupée par la troupe de pillards anglais du capitaine Venables ; libérée en 1433, elle se relève dans la seconde moitié du XVè mais, en 1517, elle tombe sous le régime de la "commende" : le roi peut désigner lui-même l'abbé d'un monastère. Les abbés dits "commendataires , choisis parmi les  membres du clergé le plus souvent mais aussi parmi des laïcs, bénéficient du tiers des revenus de l'abbaye et peuvent cumuler plusieurs  "commendes". Très souvent, ils ne résident pas à l'abbaye ou se contentent d'y passer quelques jours par intérêt...La communauté monastique est alors dirigée par un prieur claustral. Savigny a connu une exception : Dom Claude du Bellay, abbé commendataire de 1588 à 1603, demeurait sur place.
       Le système de la commende est fatal pour la vie monacale : il entraîne un relâchement de l'idéal et de la discipline.  A Savigny, le nombre de moines ne cesse de  baisser, ils ne sont plus qu'une trentaine vers 1550.
      Pendant les guerres de religion, l'abbaye est envahie en 1562 par les Huguenots qui y répandent le massacre, le pillage et mettent le feu à l'abbatiale. A la fin du siècle, Dom Claude du Bellay, alors abbé résident, s'efforce d'achever la reconstruction et d'y donner le goût de l'étude. Mais, au cours du XVIIè, l'abbaye se vide, les moeurs se relâchent à tel point que, dans l'élan de la réforme cistercienne dite "de stricte observance", l'abbaye-mère de Cîteaux tente un redressement moral et spirituel en envoyant vivre  sur place quelques moines;ce retour à l'austérité est  fort mal accepté.

L'ESPRIT DU XVIIIè SIECLE

      Pendant ce temps, les revenus de l'abbaye continuent à grossir alors  qu'elle accueille de moins en moins de religieux, à peine une quinzaine au début du XVIIIè. On entreprend une nouvelle construction, le "pavillon des hôtes",  dans le style des riches demeures spatieuses et lumineuses du XVIIIè  avec un corps central et deux ailes symétriques.  Les inventaires de 1743 et 1790  laissent imaginer un aménagement cossu avec, de part et d'autre d'un grand escalier, le "salon de compagnie" et la "grande salle à manger" lambrissée, neuf chambres luxueuses à l'étage et les appartements privés du prieur. L'immense dortoir des moines (107m. en longueur)  est transformé en chambres et appartements. Savigny, lieu d'ascèse et de sainteté à l'origine, est en train de se métamorphoser en une nouvelle Thélème...


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 Maquette de Louis Saint-Pois : au fond, derrière le cloître, le pavillon des hôtes.




                 Partie refaite et sans doute  très approximative de l'hôtellerie du XVIIIè avec sa façade de granit
                                 en grand appareil; le pavillon de l'hôtellerie faisait, lui, 53 mètres de long.


             En 1745, on édifie  par surcroît sur le coteau de  Beaufour,à l'écart de l'abbaye, une résidence de campagne et  de jouissance assez fréquentée. Ce train  de vie  laxiste et opulent,attesté par les comptes de l'abbaye,  est mal perçu par le clergé séculier et les villageois de Savigny qui font courir sur ces joyeux épicuriens rumeurs  de débauche et chansons légères que la tradition orale a longtemps colportées. 
         L'esprit du siècle avait soufflé sur ces bons bourgeois  amateurs de plaisirs, lecteurs "éclairés", ouverts aux idées nouvelles ; à la veille de la Révolution, l'abbaye de Savigny compte encore 14 moines et 3 novices et elle n'est pas si mal pourvue car sur les 228 monastères cisterciens demeurés ouverts en France à l'époque, la plupart ne sont plus habités que par 2 à 10 moines, exception faite de Cîteaux, Clairvaux, la Trappe. La Révolution aura vite fait de balayer une institution souvent chancelante dont l'aisance matérielle  paraît  très insolente aux yeux du peuple.

               LE DEMANTELEMENT PROGRESSIF

        Au cours de l'été 1790,  treize religieux sur quatorze de Savigny prêtent  le serment  constitutionnel. Le 15 décembre de la même année, ils sont chassés de l'abbaye et  échouent dans les paroisses avoisinantes où ils remplacent les prêtres réfractaires ; ainsi les paroisses de Louvigné-du- Désert et de Parigné ont eu leur moine constitutionnel, d'ailleurs très mal reçus. Dès leur départ,  l'abbaye est ravagée et pillée frénétiquement. Sa fermeture pendant deux ans n'empêche pas les dégradations puisqu'elle n'est pas gardée...
Les reliques tant vénérées des Saints de Savigny sont portées dans l'église paroissiale où elles se trouvent encore.
         En 1791, on met en vente les fermes du monastère, une quarantaine dans la  contrée  de  Mortain, dont 26 sur la commune de Savigny, ainsi que les 9 étangs des moines réunis en un lot.
         Après une longue période de vacance, l'ensemble monumental, les jardins et dépendances sont adjugés en juillet 1793 au dixième de leur valeur à Joseph Jacquemont et Jean-Charles Ruault, habitants des environs.

         Comme des Vandales, les Jacquemont se chargent d'éventrer l'abbaye et d'en tirer profit : ouvrages d'art et objets précieux,  piliers romans, boiseries, grilles et portes ouvragées sont disséminés dans la région,  pour le bonheur de quelques amateurs éclairés ; les pierres médiocres ont dû encaisser les chemins, jusqu'à Mortain et au delà, dit-on. En 1845, Arcisse de Caumont , fondateur de la Société française d'Archéologie sauve la porte Saint-Louis , elle est devenue monument historique.




 Plan au sol de l'abbaye réalisé par F.Pougheol, architecte,1983. En rouge,les vestiges actuels
visibles hors du sol.
http://fr.wikipedia.org/wiki/abbaye_de_savigny
 

               L'abbaye n'est plus qu'un champ de ruines: rien, à part quelques pans de murs, ne laisse imaginer la grandeur, la spiritualité et le rayonnement d'un lointain passé.Au fil du temps, la fondation semble s'être retournée contre  son fondateur Vital, apôtre de l'ascèse et de la pauvreté .  L'Histoire elle-même,avec ses  débordements et ses paradoxes,a déchiré la trame que les siècles avaient tissée;il reste le silence et l'insignifiance , ce à quoi les premiers moines aspiraient...

Ruines de l'abbatiale.
                                                                                                        Texte et photos:
                                                                                                       Jean-Paul Gallais  


 A l'occasion du 900ème anniversaire:
 Colloque de Cerisy : L'abbaye de Savigny, un chef d'ordre anglo-normand.
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/programme.html


 Sources: bibliographiques:
 - articles  de J. Durand de Saint-Front et du Général Jean Barreau   parus dans le bulletin  de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères,déjà cités.
- "Savigny-le Vieux"  brochure collective éditée par "Terroirs 2000".






dimanche 11 mars 2012

ABBAYE de SAVIGNY III: l'essor

  ABBAYE  de  SAVIGNY : essor et décadence.








   L'ESSOR

           Dans la forêt de plus de 300 hectares concédée par le comte de Fougères Raoul Ier en 1112, la communauté  réunie autour de Vital s' établit de façon assez sommaire près du ruisseau du Moulin du Pré "sur les ruines de l'ancien château des seigneurs de Fougères" écrit Dom Auvry ; peu à peu, les  dépendances s'élèvent et  la première église en bois, commencée par saint Vital, achevée par son successeur saint Geoffroy, est dédicacée en 1124 et dédiée à la Sainte Trinité. A cette fête assistent les évêques d'Avranches et des diocèses voisins, les seigneurs des environs venus reconnaître la nouvelle abbaye et offrir leurs libéralités ; le fils de Raoul Ier, Henri, baron Fougères, qui d'ailleurs  se fera moine à Savigny,  se distingue par  sa générosité, suivant en cela l'exemple de son père.
         
         Geoffroy, abbé de 1122 à 1139, organise la vie claustrale et institue le premier chapitre. La communauté compte alors plus de cent moines et elle essaime surtout en Normandie et en Angleterre. Au milieu du XIIè siècle, l'abbaye de Savigny rayonne sur trente-deux abbayes-filles au nombre desquelles figurent : l'abbaye Blanche de Mortain ( 1112),  celles de Vaux-de Cernay (1118), d'Aunay-sur-Odon et de Villers-Canivet (1127) près de Caen, de Barbery près de Thury-Harcourt, de Beaubec, de Foucarmont, de Breuil-Benoist, de Lannoy en Haute-Normandie, de Soligny-la-Trappe (1122) et de Saint-André-de-Gouffern dans le Perche : elles atteignent le Nord avec Longvilliers, l'Anjou et la Bretagne où sont implantées les communautés de Chaloché (1129), de La Boissière (1131) près d'Angers, de La Vieuville (1137) près de  Dol-de-Bretagne.


Extensions de l'abbaye de Savigny au milieu du XIIè siècle.
Savigny-le- Vieux, Terroirs 2000.




      LA FUSION AVEC CITEAUX



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 manuscrit  de Dom Auvry,
 médiathèque de Fougères ( ms VII)
              A ce stade de son évolution, l'abbaye de Savigny compte treize monastères en Angleterre et un à Dublin : leur nombre croît régulièrement . Cette extension considérable commence à poser problème : certaines abbayes anglaises  souhaitent s'affranchir de la tutelle de l'abbaye-mère de Savigny, principalement celle de Furness qui a déjà essaimé sur plusieurs sites. Pour éviter toute sécession, après avoir pris conseil près de saint Bernard, Serlon, quatrième abbé de la Congrégation, choisit de réunir la famille de Savigny à celle de Cîteaux dont elle se sent très proche ; la fusion se fait en 1147 avec l'accord du Pape Eugène III. Savigny devient la cinquième  filiale de l'ordre cistercien.


              LA CONSTRUCTION DE L'ABBATIALE


           Dans la seconde moitié du XIIè siècle, on édifie en pierre la crypte Sainte-Catherine : elle  aurait abrité temporairement  les tombeaux de saint Vital et des premiers abbés, d'Adeline, première abbesse de l' Abbaye Blanche de Mortain et les gisants des premiers fondateurs.  A partir de cette époque, les moines entreprennent de construire en pierre l'ensemble monastique. En 1173, l'abbé Josselin décide d'élever une nouvelle abbatiale inspirée de celle de Clairvaux, vaste chantier coûteux qui s'étale sur vingt-sept ans malgré le grand nombre des chartes de donation et les encouragements du Pape en 1184.  Elle mesurait 82 m. en longueur  et présentait 50 mètres en largeur dans le transept,  et 26 mètres 60 dans la nef , ce qui faisait d'elle l' un des sanctuaires les plus imposants de l'Ouest .  Les neuf chapelles de l'abside s'ouvraient sur le choeur.  L'abbatiale a été amplement décrite  par l'historien Hippolyte Sauvage dans son ouvrage "Saint Vital et l'abbaye de Savigny" pages 63 à 67, accessibles sur ce lien de la BNF :


                                                          http://gallica.bnf.fr

       L'abbatiale aurait été achevée en l'an 1200 et consacrée en 1220 ; la vénération des saints fondateurs s'amplifiant, on transfère en 1243 les reliques de saint  Vital et des saints de Savigny  de la crypte Sainte-Catherine dans la nouvelle abbatiale. Cette fête de la Translation attire une foule considérable - les Chroniques  l'estiment à 100000 personnes, chiffre impressionnant et magique comme dans les contes... Les tombeaux des saints Vital, Pierre d'Avranches, Hamon, Guillaume Niobé, Geoffroy sont disposés  autour du choeur. Les bienfaiteurs  continuent de combler l'abbaye de  terres,  de fermes et métairies, dîmes, vignes, moulins... Le catalogue des Chartes mancelles de l'abbaye de Savigny  des Archives Nationales (M.C. Guilbaud)  consultable sur le lien  indiqué en fin d'article est éloquent sur la nature et le nombre des dons.

Maquette réalisée par L. Saint-Pois, exposée sur le site.

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 Détail: le cloître.
                           


            Vers la fin du XIII ème siècle, l'abbaye connaît une belle prospérité ; elle compte environ 300 moines et les bâtiments conventuels sont à la mesure de son rayonnement. Le cloître  présente des  arcades sobrement ornées soutenues par 124 colonnettes  assemblées par couple et la cour est agrémentée d'un  bassin au centre duquel s'élève  une colonne - un obélisque, dit-on à Savigny,_-surmontée d'une croix. Plusieurs tombeaux  ou gisants de seigneurs bienfaiteurs et d'abbés  sont  déposés à l'ombre du cloître, comme dans l'abbatiale. Ce cloître communique avec le réfectoire  par la porte romane Saint-Louis ainsi nommée en souvenir du passage du roi Louis IX à son retour de pélerinage au Mont-Saint-Michel en 1256 ; elle seule est demeurée sur place et devenue le symbole de  la grandeur  passée ; le réfectoire qui  date du début  du XIIIè est  alors composé de deux salles superposées, voûtées sur  piliers dont certains ont peut-être  été réutilisés dans l'église de Fougerolles -du- Plessis.



Portail de communication entre l'abbatiale  et le cloître, XVè. Demeure privée.
 Les quatre niches décorées chacune de colonnettes  et d'un arc en accolade abritaient
 les saints de Savigny : Vital, Geoffroy, Pierre d'Avranches et Hamon, selon H. Sauvage.
 L'arc supérieur en chaînette est  coiffé d'une croix posée sur une fleur de lys.
 La porte très ouvragée  s'insère dans un bel arc surbaissé:

Décoration composée de motifs géométriques et végétaux et de six apôtres portant
 leurs symboles ou  les instruments de leur supplice ;
 au centre , sainte Barbe, près de sa tour,XVè siècle.


       Au fil des années, on agrandit , on reconstruit et on embellit au moins jusqu'au XVè siècle.  Depuis la fondation, le domaine  foncier de l'abbaye n'a cessé de s'accroître à la faveur  des dons et l'esprit de  pauvreté  cistercienne - Cîteaux  avait été fondée en réaction contre Cluny par volonté de retrouver l'austérité monacale -  semble s'être éloigné.  Peu à peu, la communauté  perd des effectifs.  Les soubresauts de l'Histoire vont hâter son déclin. 

Dépendances de l'abbaye, sur le coteau sud : chapelle du Désert
près de la léproserie, XVè. Propriété Prévoyante Savinienne.


         Ancienne léproserie du Désert , édifiée à la fin du XIIIè, remaniée au XVè
 On y a  découvert des fresques du XVè, aujourd'hui protégées  mais non
 accessibles. Demeure privée, propriété de la Communauté de communes
 de Saint-Hilaire-du-Harcouët. 


   Chartes Mancelles:
                   -   site:   ww.persee.fr/web/revues/home/prescript

                   -    Pichot Daniel, Les cartulaires manceaux de l'abbaye de Savigny...
                           Revue de l'Avranchin et du pays de Granville, tome 53, 1976.


      Documents  bibliographiques  complémentaires :


  -    Outre les ouvrages déjà cités et les articles parus dans le  Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères ou la revue de l'Avranchin :

 - conférences  sur l'abbaye de Savigny à l'occasion du 900ème anniversaire le 28 janvier 2012 à Fougères.

- étude de Murielle Radigue sur l'abbaye de Savigny parue dans  Le Pays de Fougères nos 142, 145, 146.


                                                                                                                  
                              Texte  et photos :Jean-Paul Gallais.







mardi 28 février 2012

ABBAYE DE SAVIGNY II: SAINT VITAL

SAINT VITAL DE MORTAIN, fondateur de l'abbaye de     SAVIGNY (1050-1122).



          La première " Vie du bienheureux  Vital " est une oeuvre en latin écrite par Etienne de Fougères,  ecclésiastique et poète auteur du "Livre des manières", chanoine de la collégiale Saint-Evroult de Mortain avant d'être évêque de Rennes  de 1168 à  1178 ; lui-même  fréquentait beaucoup Savigny . Sur l'encouragement de Jocelin, abbé du monastère de Savigny, il  a consenti à écrire la " Vita  beati Vitalis " sans déroger aux codes qu'implique le genre hagiographique destiné à édifier et porté au merveilleux. Il  s'est  appuyé  sur des témoignages oraux et  sur le  Rouleau mortuaire de saint Vital (1). La vie de saint Vital   et celle  des saints de Savigny ont  inspiré  beaucoup de biographes ; au XVIIIème, dom Claude Auvry,  prieur  de Savigny, a écrit une "Histoire de la Congrégation de Savigny" et compilé  plusieurs récits traditionnels sur saint Vital ; ce manuscrit original, par ailleurs imprimé, est  toujours conservé à la médiathèque de Fougères (Ms VII). Ces récits de vie greffés sur  Etienne de Fougères et sur le Rouleau mortuaire de saint Vital, relus, revisités  par Hippolyte Sauvage "Saint Vital et l'abbaye de Savigny "en 1895 et par de nombreux chercheurs plus récemment composent un  long palimpseste  d'où  les zones d'ombre n'ont pas totalement disparu.



 Eglise Saint-Léonard, Fougères: saint Bernard de Tiron, qui fut ermite  dans les forêts de Craon, Fougères et Savigny,  saint Vital en abbé - étonnamment jeune , Julien Maunoir et  saint Hamon, moine de  Savigny originaire de Saint-Etienne-en-Coglès. Ateliers Lorin,1959.


      Vital est né vers 1050 à Tierceville près de Bayeux  dans une famille noble de moyenne fortune ; en  raison de ses qualités intellectuelles et de ses dispositions  spirituelles, on l'envoie étudier à l'université de Liège. Remarqué pour sa piété, il a été pressenti pour la prêtrise par l'évêque de Bayeux, Odon de Conteville. Devenu prêtre, il est appelé par le comte Robert de Mortain qui souhaite en faire son chapelain, en même temps il est chanoine de la collégiale Saint-Evroult.

 LE CHOIX DE LA VIE EREMITIQUE

        En 1093 , après  plusieurs années passées à  la cour du comte de Mortain, Vital décide de quitter le monde et de distribuer ses biens pour se retirer en ermite  dans les rochers du Neufbourg,  près  de la cité .
       De là, il rejoint les ermites de la forêt de Craon, devenue le refuge de nombreux ascètes à tel point qu'on l'a appelée la "Thébaïde du Maine". Robert d'Arbrissel, futur fondateur des abbayes de la Roë et de Fontevraud y  rayonnait déjà par la richesse de sa prédication, de même Raoul de la Futaie, fondateur de l'abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt près de Rennes. Bernard d'Abbeville, plus connu sous le nom de Bernard de Tiron ne tarde pas à les rejoindre.

  L'EXIGENCE EVANGELIQUE A LA LETTRE

 Le ministère de la prédication: moine enseignant,
 maître-autel, église de Savigny.
        En 1095, le pape Urbain II décide la première croisade  en vue d'une reconquête de la Terre Sainte et demande à Robert d'Arbrissel de prêcher dans l'Ouest pour une véritable conversion et pour le succès de l'entreprise ; Robert d'Arbrissel est secondé par Vital dont les talents d'orateur sont connus ; prédicateur itinérant infatigable, il porte la bonne parole  jusqu'en Angleterre.
 D'après Dom Auvry, il a participé en 1102 au Concile de Londres  réuni par saint Anselme, archevêque de Cantorbéry dans le cadre de la réforme grégorienne : "pour rétablir la pureté des moeurs parmi les fidèles  et dans le clergé".   Son message est vivant, incisif et intransigeant : "il était incapable de déguiser la vérité ni par la crainte  ni par la faveur des puissants" écrit Dom  Claude Auvry.

   A son retour, il souhaite s'isoler dans la forêt de Fougères et s'impose un mode de vie très austère. Son aura attire  d'autres ermites : parmi eux se trouve  Bernard de Tiron  qui  choisit le site  depuis lors appelé le " Chênedet" et lui-aussi est suivi de nombreux  adeptes. Le  comte de Fougères, Raoul Ier, craignant pour la tranquillité de ses terrains de chasse favoris, demande  à Vital de  s'installer avec sa petite communauté  d'ascètes sur  une partie de ses possessions de la forêt de Savigny.

 Eglise du Neufbourg près de Mortain : saint Vital et sainte Adeline font l'offrande de leur fondation.

 Entre-temps, Vital aurait fondé en 1105 le monastère de la Sainte Trinité au Neufbourg avec l'aide de sa parente Adeline.  Au cours de ces années, il   implante  un ermitage à Dompierre  en Mantilly dans l'Orne, non loin de Savigny . Plusieurs moines le suivent dans ce vallon retiré de la  forêt de Passais où sinue  une petite rivière, la Colmont. Cet ermitage devient le prieuré de Dompierre en 1119,   quand  le roi d'Angleterre Henri 1er  Beauclerc lui octroie quelques terres.



       








                             
                                   Mantilly : état actuel  de l'ancien prieuré de Dompierre (propriété privée)
        décrit dans l'ouvrage d'Hippolyte Sauvage Saint Vital et l'abbaye de Savigny consultable sur le site de la BNF p.42 en ouvrant le lien qui suit:


           Voilà qu'en 1106 un conflit oppose deux fils de Guillaume le Conquérant : Robert Courteheuse, duc de Normandie et Henri Beauclerc, roi d'Angleterre: Vital s'interpose en vain, il ne peut empêcher la bataille de Tinchebray et, comme il se trouve lié aux  comtes de Mortain, les grands perdants, les  terres attachées à la fondation de la Trinité du Neufbourg lui  sont confisquées.

 L A FONDATION DE L'ABBAYE DE SAVIGNY

 

        Vers 1108, Vital crée un ermitage dans la forêt de Savigny, il est entouré d'une communauté d'ascètes ; la même année,  Bernard de Tiron quitte son ermitage de "Chênedet"  et se dirige vers la forêt de Savigny où il retrouve  Vital et les siens, pour peu de temps car  Bernard s'en va fonder son abbaye à Tiron, près de Nogent-le-Rotrou.
 C'est en 1112 que  le comte de Fougères  Raoul Ier   octroie officiellement   la forêt de Savigny à Vital qui lui en a fait la demande, cette donation est confirmée  par  le duc de Normandie, roi d'Angleterre, Henri Ier Beauclerc en mars 1113. 
 La communauté s'organise et s'agrandit , on construit une première église de bois; Vital   donne à  cette communauté la règle de saint Benoît. A quelques centaines de mètres,  au lieu-dit "la Prise aux Nonnes", on  pose les bases d'une communauté des femmes, à l'image des abbayes doubles fondées par Robert d'Arbrissel.
 Vital mène de front sa fondation et son apostolat: il n'a pas renoncé au ministère de la parole et, en 1119,  il aurait encore participé au concile de Reims .
  Il s'éteint  au prieuré de Dompierre en 1122, pendant l'office. 
 
  Eglise de Savigny-le -Vieux: cénotaphe de saint Vital ( XVII ème ).  L'inscription latine mentionne un miracle
de saint Vital:la résurrection d'un soldat.


 (1): Le Rouleau mortuaire ou obituaire de saint Vital est  constitué de quinze feuilles de  parchemin cousues (9m50x22.5cm) sur lequel on a écrit l'éloge  du fondateur défunt et qui a  voyagé d'une abbaye à l'autre, selon la tradition  de l'époque. Chacune y ajoutait  son hommage et ses prières.

                       Texte et photos : Jean-Paul Gallais.

lundi 13 février 2012

Personnages d'Histoire : Honoré de La Riboisière, l'homme de la continuité.


Honoré- Charles Baston de La Riboisière


 
 Antoine-Jean Gros, Portrait du comte Honoré de La Riboisière, 1815.


 AU SERVICE DE L'EMPEREUR

       Fils aîné du Général de La Riboisière et de Marie Le Beschu de la Rallaye, Honoré est né à Fougères le 21 septembre 1788.   Il se destine à une carrière militaire et entre, en 1807, à l’Ecole Polytechnique d'où il sort lieutenant d’artillerie. Nommé aide de camp de son père, il participe aux campagnes d’Espagne et d’Autriche, remplit des missions en Westphalie et en Pologne, essuie le feu à la bataille de Wagram et participe à la campagne de Russie, avec son frère cadet Ferdinand mortellement blessé au cours de la bataille de La Moskova. Il est capitaine lors du passage de la Bérézina où il combat vaillamment ; son cheval est tué sous lui, précipité dans le fleuve, il ne doit son salut qu’à la présence d’esprit d’un camarade qui l’aide à sortir de ce mauvais pas. A peine rétabli, il perd son père le 21 décembre 1812 à Königsberg, peu après le décès de son frère sur le  champ de bataille.
                                 
                                                                                                                       
 Au début de l'année suivante,il est nommé  à la direction de l'Artillerie et reçoit le titre de chambellan de l’Empereur. Le 11 janvier 1814, il épouse Elisa Roy, fille d’Antoine Roy, richissime avocat qui deviendra Ministre des finances de Louis XVIII, Ministre de Charles X et Pair de France. Il échappe à la disgrâce au retour des Bourbon. 
Pendant les Cent-Jours, Honoré reste fidèle à l’Empereur et devient son officier d’ordonnance. Waterloo met provisoirement un terme à sa carrière militaire mais il n'est pas inquiété par le nouveau pouvoir et affiche des opinions assez libérales : l'influence de la puissante famille Roy  lui offre une protection sûre.



    UNE LONGUE CARRIERE  MILITAIRE ET POLITIQUE 


Il partage sa vie entre le château de Monthorin à Louvigné-du-Désert qu’il embellit et agrandit, et Paris où il reçoit dans son hôtel particulier. Elu député de l'arrondissement de Fougères et de Vitré en 1828 après la démission de Rallier, il siège au centre-gauche avec l'opposition et est réélu en 1830 après la dissolution de la Chambre par Charles X.  


     Après les Trois Glorieuses et l'avènement de Louis-Philippe, Honoré de La Riboisière est nommé Chef de la Vème Légion de la Garde Nationale en 1831, fait Officier de la légion d’Honneur, promu lieutenant-colonel puis colonel et enfin commandant en chef de cette Vème Légion qui a pour rôle de défendre la capitale.
Son mandat de député est confirmé en 1831 et 1834. Le roi Louis-Philippe l’élève  la dignité de Pair de France en 1835. Lorsque la Révolution de 1848 éclate, Honoré  se trouve dans sa demeure de Monthorin à Louvigné-du-Désert. En 1849, il est élu représentant à l’Assemblée législative par le département d’Ille-et-Vilaine et adhère au parti du Prince-Président. 
 Son épouse, Elisa Roy, décède  en 1851 sans lui avoir donné d’enfant. En 1852, il est nommé sénateur. C’est en 1854 qu’il épouse Antoinette de Robert d’Acquéria de Rochegude qui, le 1er janvier 1856, lui donne l’héritier tant espéré : Ferdinand de La Riboisière ; lui-aussi  marquera profondément le Pays de Fougères par son action politique et ses initiatives agricoles et sociales.
Père à 68 ans d’un fils prénommé Ferdinand en souvenir de son frère tué à la Moskova, Honoré de La Riboisière voit le malheur s’abattre sur son foyer lorsque son épouse meurt le 7 janvier des suites de ses couches. Dans le même temps, il devient maire de Louvigné-du-Désert en 1863 et  s'emploie à  apaiser un climat houleux au sein du conseil et à redresser les finances; il dirige la commune  jusqu'en 1868.
  Honoré de La Riboisière meurt à Paris le 21 mars 1868 à l’âge de 80 ans. Lors de ses obsèques à Monthorin, une foule nombreuse  vient rendre   hommage à un notable discret et efficace, unanimement respecté.



UNE GENEROSITE  RECONNUE


                      
                            Hôpital Lariboisière,  édifié de 1848 à 1853, par l'architecte Gauthier: pavillons parallèles
                            et galeries  lumineuses,très modernes à l'époque. 


C'est grâce à la comtesse de La Riboisière-Roy que la ville de Paris a pu mener à son terme la construction de l'hôpital prestigieux qui porte son nom. A son décès en 1851, elle lègue par testament à la ville de Paris la nue propriété de ses biens immobiliers très vastes pour fonder l'hôpital  La Riboisière, son mari restant bénéficiaire de l'usufruit. Pour permettre  à la ville de Paris d'utiliser dans l'intérêt  public le legs de son épouse, Honoré de La Riboisière  renonce à une partie de sa succession et verse à la ville la somme à l'époque colossale de 2 057 402 francs-or; ce geste permet  à Paris de financer en bonne  part l'achèvement des travaux.  Implanté aux portes de Paris, dans un environnement peu favorisé, l'hôpital Lariboisière a parfois été appelé "le Versailles de la misère". Revers de la géographie, Zola l'a intégré dans le cadre romanesque de "L'Assommoir"...





                                       Chapelle néo-Renaissance ornée des allégories
                                             de la Foi, de l'Espérance et de la Charité.





                 A l'intérieur de la chapelle, monument  funéraire en l'honneur de
                 la comtesse  Elisa de La Riboisière (vue partielle),  orné d'une
                                représentation de la Charité ; oeuvre du sculpteur
                                     Charles Marochetti,1853 .                                                



 La ville de Fougères n'a pas été oubliée:  le couple de La Riboisière y a fait édifier sur la place qui porte son nom une salle d'asile pour l'accueil des enfants pauvres :  son fronton  abrite une Vierge à l'enfant  qui rappelle sa fonction  d'institution de charité. C'est aujourd'hui l'école Odile Gautry




Ecole Odile Gautry, Place Lariboisière, Fougères.


LE MECENAT ARTISTIQUE

Outre ses activités  caritatives et ses réceptions mondaines,  madame de La  Riboisière anime un salon littéraire et artistique réputé ; le comte est  un amateur d'art, grand collectionneur d'antiquités gréco-romaines et orientales. Dès 1830, il préside le "Cercle des Arts", société qui soutient les jeunes artistes. Il est proche des peintres Antoine-Jean Gros dit le baron Gros, Alfred Johannot, Horace Vernet ; beaucoup ont réalisé des portaits de sa  famille.





UNE CHRONIQUE DE LA VIE PARISIENNE



   Une partie de sa correspondance avec sa mère, conservée aux Archives municipales de Fougères, a fait l’objet d’une étude intéressante de M. Jérôme Lemesle, auteur d'un article sur Honoré de Lariboisière dans le tome XLVIII  de notre Bulletin et Mémoires, elle couvre la période de 1813 à 1844, année de la mort de la comtesse La Riboisière. S’étalant sur une période de 30 ans, la correspondance aborde l’Histoire de la fin de l’Empire à Louis-Philippe. Honoré de La Riboisière, témoin de son temps, en fils aimant, rapporte à sa mère restée en Bretagne, aussi bien les événements parisiens de l’époque, les tribulations de la Chambre des députés, sa carrière politique… que sa vie privée émaillée de réceptions, de bals, de rencontres. On y perçoit également ses soucis, la maladie de sa femme, son attachement à Monthorin et à sa région natale …




 Le château familial de  Monthorin,
Louvigné-du-Désert. ( cliché M. Hodebert)
 Textes: Marcel Hodebert
             Jean-Paul Gallais
 Clichés: collection privée.