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vendredi 24 janvier 2020

Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères









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Chapelle Saint-Jacques de Marigny (cliché SHAPFougères)

OBJECTIFS  DE   LA  SOCIETE

La Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères s'intéresse aux évènements et aux personnages qui ont façonné l'Histoire dans la région de Fougères et les territoires
voisins;elle se tourne aussi vers les coulisses de la petite histoire, de la vie ordinaire et vers les contingences qui ont dessiné son paysage culturel. 

Attentive à la préservation du Patrimoine, elle y contribue en le faisant connaître et elle
         entretient  deux chapelles qui lui ont été léguées: la chapelle Saint-Clair en La Bazouge-du-Désert et la Chapelle Saint-Jacques de Marigny en Saint-Germain-en-Coglès,  toutes deux servies par la beauté  d'un cadre naturel vallonné et boisé.



Ce blog vise à faire  partager des informations sur les richesses du patrimoine régional suivant deux axes:


SITES DE MEMOIRE, PERSONNAGES  D'HISTOIRE.



 La reproduction des articles et des images  est interdite sans autorisation  écrite
 préalable de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères;






















lundi 30 septembre 2013

SAINTE-ANNE de la Bosserie, ROMAGNE.

 Chapelle Sainte-Anne, XVIIe, route de Fougères , Romagné.
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              LA FONDATION VOTIVE


 
            Tout terroir, toute contrée incorpore dans son sol une part de secrets, une part de mystère livrant avec parcimonie quelques brides historiques. Sainte-Anne de la Bosserie, en Romagné, à la porte même de la cité médiévale fougeraise, est née avec le XVIIème siècle. Marie Eschard, épouse de Pierre Le Maignan, est la fondatrice de la chapelle. Son défunt mari avait fait un vœu, mais n’avait pu le réaliser. La grande Sainte, voulant être honorée au pays fougerais, vint rappeler à la veuve éplorée la promesse qui avait été faite, lui demandant de l’exécuter sans délai contre une prolongation de sa vie.  En 1602, la construction était terminée et depuis ce temps, le sanctuaire n’a jamais cessé d’être entouré d’une grande vénération.

            Mais pourquoi la promesse de l’édification d’une chapelle ?

            La famille Le Maignan-Eschard était issue d’une bourgeoisie fougeraise aisée, jouissant d’une excellente réputation parmi les citoyens de la cité qui n’hésitèrent pas, au cours des siècles, à confier à ses membres honorables d’importantes responsabilités locales.  Au cours du règne d’Henri IV, Pierre Le Maignan était miseur de la ville de Fougères, c’est-à-dire qu’il exerçait la qualité de comptable des affaires publiques, en même temps qu’il cumulait des fonctions municipales proches du gouverneur.
            Le XVIème siècle finissant voyait aussi finir lentement les guerres de religion. Le 21 mars 1589, le redoutable duc de Mercœur s’était emparé avec aisance de la place forte fougeraise, les Fougerais accordant toutes leurs sympathies au chef Ligueur. Henri IV ne devait pas l’oublier. Aussi, lorsque tous les chefs de l’insurrection se soumirent, y compris Mercœur, Pierre Le Maignan se vit confier par ses concitoyens la mission de défendre les intérêts de la ville de Fougères, tant ils avaient été compromis par cette alliance spontanée et malsaine avec Mercœur, mission qui consistait par un déplacement à Angers, où l’on retrouve le passage d’Henri IV, notamment au Traité d’Angers (29 mars 1598).

             Pierre Le Maignan, consentit donc à effectuer ce voyage mais inquiet, à juste titre, des risques importants qu’il pouvait rencontrer sur des routes dangereuses et encore mal fréquentées parmi les bois et la méfiance humaine. Il fait le vœu de construire une Chapelle dédiée à Sainte Anne s’il revient vivant de cette expédition alors jugée lointaine. Pareille promesse peut paraître aujourd’hui excessive, mais bêtes et gens étaient à redouter à cette époque, on le sait.

             Le voyage de Pierre Le Maignan en Anjou fut couronné de succès ainsi qu’en témoigne ultérieurement la lettre d’amnistie du roi, et notre plénipotentiaire rentra dans sa famille avec la satisfaction du devoir accompli. Mais ce fut pour y mourir peu de temps après. Avant de fermer les yeux, il confia à son épouse ses préoccupations et sa promesse non exécutée.

            Devenue veuve avec sept enfants (ils vécurent tous), Marie Eschard ne voyait rien de mieux que de consacrer son temps à sa famille. Harassée de fatigue et tombant d’épuisement, Madame Pierre Le Maignan allait elle-même succomber lorsque Sainte Anne lui apparut (soit plus de 25 ans avant les événements d’Auray), lui rappelant le vœu qui avait été fait. "Je confierai le soin de cette construction à mes enfants, dit Marie Eschard à l’illustre visiteuse. Non, rétorqua Sainte Anne, ce sera vous-même qui la construirez et pour ce faire, je vous donnerai plus de quinze ans d’existence. Mais promettez-vous de la faire ? Oui, répondit Marie Eschard, je la bâtirai, je la bâtirai." Frémissante, mais totalement guérie, elle se leva et se mit immédiatement en prière avec sa famille réunie, cependant que Sainte Anne disparaissait, laissant dans la pièce un parfum suave que toute l’assistance put apprécier.

             Les travaux furent menés avec beaucoup de célérité, ce qui faisait dire aux maçons : plus les travaux avançaient, plus les fonds arrivaient presque en abondance. Et c’est ainsi que depuis Octobre 1602, il est donné d’admirer ce petit joyau tout simple, mais d’une grande et intense solennité, doté à l’époque de deux pièces de terre et d’un revenu, donation faite et signée par devant deux notaires royaux à Fougères, le 24 mai 1611. La chapelle est donc construite sur un bien de la famille Le Maignan, terre ancestrale la plus proche de Fougères.


           UNE  ORNEMENTATION SOBRE

L’édifice, d’une superficie approximative de 250 m² sans le prieuré, à la forme d’un T, orienté de l’Occident vers l’Orient. Deux arcades de granit séparent de chaque côté le chœur des transepts. Pas d’architecture particulière mais plutôt le reflet d’une architecture typique de la région fougeraise.
Toutefois, son maître-autel, adossé à un retable doré, est à remarquer. En effet, il est enrichi d’une belle peinture représentant Sainte Anne apprenant à lire sur un parchemin à Marie. Ce tableau s’inspire d’une œuvre originale de Jean Jouvenet (1644-1717), artiste peintre et décorateur auprès de Louis XIV. La même peinture, en dimension plus grande, est exposée à l’église paroissiale d’Auray.









 Le maître-autel de sainte Anne, le jour du pardon. 
 

 
   L’autel du transept gauche est sans recherche excessive. L’autel de Sainte Anne est, lui, presque somptueux avec ses têtes d’anges et des pattes de lion. Les trois autels sont gardés par des balustrades en bois et en fer forgé, où se trouve le monogramme S. A.
     Le clocheton octogonal se trouve être la particularité et l’originalité extérieure de l’édifice avec les trois croix latines de granit qui le surmontent.

           UNE DEVOTION SECULAIRE

      Des processions sans fin furent organisées, notamment pour solliciter l’arrêt des épidémies si meurtrières en pays fougerais au temps de Louis XIII. En trente années d’existence, la chapelle devint l’objet d’une ferveur et d’une fréquentation qui ne s’est jamais démentie, sauf aux jours sombres de la fin du XVIIIème siècle. 
    L’année 1793 marqua un tournant dans son histoire. Elle fut pillée, saccagée, dévastée avant d’être vendue comme bien national. Madame Joseph Allix, née Anne Georgeault, habitante du hameau, s’attacha à restaurer cette chapelle si chère à son cœur bien qu’elle n’en fût pas propriétaire.

 
    Les Fougerais reprirent le chemin de la chapelle et la dernière génération peut encore témoigner d'une foule des pèlerins venant à pied le jour de la fête patronale. Les messes se succédaient sans interruption depuis l’aurore jusqu’à la grand’messe. 
Les grandes heures de la Libération, en Août 1944, ont aussi laissé un souvenir impérissable à la Bosserie, alors que l’ennemi dressait barricade et feux d’artillerie. Epoque angoissante entre toutes et que Sainte Anne désarma sans dommage pour les habitants du hameau de la Bosserie.

 
          LA RESTAURATION  RECENTE
 


 L'ancien  prieuré, 1981.
Malgré l’assiduité des pèlerins et visiteurs au sanctuaire de Sainte Anne, l’édifice devait connaître un certain état de laisser-aller et le temps s’apprêtait à accentuer ses ravages destructeurs. C’eût été la grande détresse à court terme : pignon Nord s’ouvrant dangereusement, plâtres effondrés, murs verdis, auréoles jaunâtres au plafond, tronc délabré, chaises bancales entassées près des confessionnaux muets et poussiéreux, vitrail éventré, fenêtre vermoulue au transept Nord où des sacs de papier transparent faisaient office de carreaux, table du maître-autel défoncée, clarté malicieuse dans les portes, sacristie effondrée, pendant que sur le Vieux Prieuré contigu les ardoises se dérobaient provoquant une humidité excessive dans le mur de refend, que les pierres se détachaient les unes après les autres, que les vitres des fenêtres étaient brisées, avec un escalier branlant et une cour ravinée, tout cet ensemble constituait un spectacle permanent de délabrement, presque d’abandon.

            Chaque visiteur attristé des lieux espérait néanmoins le salut pour ce cher patrimoine historique et religieux et… il est venu à point nommé. En effet, la Commune de Romagné s’apprêtait à voter la démolition pure et simple de la chapelle tant la désolation était grande. L’Association a appris cette nouvelle des années plus tard.
 
            L’encouragement pour la restauration de cet édifice est venu de divers horizons.  Lors d’une assemblée plénière effectuée en septembre 1981, à la mairie de Romagné, se réunissaient près de cent personnes ; quelques semaines plus tard, le Journal Officiel publiait, exactement le 14  novembre 1981, la déclaration de la constitution d’une Association des Amis de la Chapelle Sainte-Anne de la Bosserie, se donnant pour but la remise en état et la restauration complète du patrimoine délabré de Sainte-Anne, y compris l’ancien prieuré. Tâche immense qui n’a point rebuté les membres du bureau de l’Association. Mais, quelle que soit leur volonté de réussir, quel que soit leur souci d’arracher à l’usure du temps un témoin prestigieux du passé, leurs efforts eussent été presque vains si l’attention persévérante et sélective de la Fondation Langlois n’avait suscité et déterminé leur action qui devint alors décisive .
 

         LE  CULTE REVIVIFIE






          Aujourd’hui, après plus de trente années de labeur intense, l’édifice religieux renaît dans un environnement agréable et judicieusement tracé. Le sanctuaire illuminé et pimpant reçoit désormais l’hommage de nombreux visiteurs quotidiennement, la chapelle étant ouverte tous les jours ; les pèlerins affluent en grand nombre les jours de fêtes et du Pardon devenu régional. Comme depuis plusieurs années, ils étaient en juillet 2012 près de 2000 pèlerins à venir saluer la Grand-mère de Jésus et la Patronne des Bretons.





 Pardon 2012,  bannières de N-D.de Poilley, St-Martin de Javené, St-Pierre de Landéan...
 

            Romagné mesure avec dignité, respect et amour ce patrimoine si heureusement restauré : il n’est ni fastueux, ni somptueux, mais il se révèle désormais avec élégance comme un pur témoignage d’antan, accueillant et gracieux comme la souveraine des lieux.
 

                                                                        Roger TANCEREL.
                                                                       
 
 
Clichés : R. Tancerel, Nicolas Garel ;droits réservés.

 

 
 



 

 


 

 



 

 

 


 

 

 

 

 
 

 

 

 



 


 



 

 
 

 

 

 
 



 

 

 



 


 



 

 



 

 



 















mardi 19 juin 2012

SAINT-FRANCOIS, asile oublié

 LE COUVENT DE SAINT-FRANCOIS




 Promenade au bord de l'étang de Saint-François.
 Circuit des Vieux Châteaux.






       Non loin du Cordon des Druides, caché derrière les frondaisons, le monastère des Cordeliers a gardé son activité spirituelle pendant plus de trois cents ans, de 1440 à 1789. Le site était un havre de sérénité, lové dans l'épaisseur de la forêt, en connivence avec la Nature, comme les asiles de saint François dans les solitudes de La Verna, où il conversait avec la Création.




 Le couvent Saint-François dans les années 1930 :  à gauche, le pavillon ; au centre
 le bâtiment conventuel  sur lequel s'appuyait un cloître et au fond, la chapelle.
 (Archives municipales de Fougères)

     


      Il faut beaucoup d'imagination aujourd'hui pour se représenter l'importance du couvent de Saint-François : chapelle, cloître, bâtiments monastiques encore visibles  vers 1930 ont pratiquement disparu.


     Le couvent des Cordeliers a encore servi de prison pendant la première guerre mais son état n'a cessé de se dégrader et on en a fait une ruine livrée au pillage. Toutefois, il reste encore un pavillon d'époque dans lequel se trouve un escalier de pierre du XVIIè. Ce pavillon a donné lieu à une réfection après 1791 et le pignon qui nous fait face a été plusieurs fois remanié. Au bout de l'avenue qui conduit à l'ancien couvent, une petite maison veille encore, sans doute la loge du frère portier.








 Le pavillon,dernier témoin de l'ensemble monastique, ferme de Saint François.(cl.M Hodebert)


LA FONDATION FRANCISCAINE

    Dès 1440, quelques religieux de l'ordre de saint François d'Assise appelés Cordeliers à la tête desquels se trouve Frère Guillaume Vaurouilllon, érudit et théologien renommé, s'adressent au jeune prince François Ier, fils héritier du duc de Bretagne Jean V et lui demandent l'autorisation d'établir un ermitage dans la forêt. Le prince leur cède un lieu appelé "Pas au Meunier" avec trois journaux de terre (1 ha et demi) et leur accorde la permission de construire une chapelle et des bâtiments à usage d'habitation. Ces premiers religieux venaient sans doute du couvent des Cordeliers de Rennes établi dès 1230.


   D 'abord  simple ermitage, il fut transformé en couvent avec l'autorisation du roi de France Charles VIII octroyée en 1494. La dévotion franciscaine était vive à la cour de Charles VIII et d'Anne de Bretagne : le motif de la cordelière franscaine qui orne le retable de Notre-Dame (fin XVè) dans l'église Saint-Sulpice à Fougères en témoigne.
 
    Les faveurs accordées au couvent par le duc de Bretagne furent confirmées  par les rois de France Charles VIII, Henri II, François II, Henri IV, Louis XIII et  Louis XIV.  François Ier accorda à la communauté une rente de 50 livres ; Louis XIII lui concèda en 1613 sept arpents du marais de Mare-Noire, lui permettant d'y établir un réservoir à poissons, sans doute l'étang actuel, afin de pourvoir à la nourriture des moines pendant les deux carêmes qu'ils devaient observer. L'extrémité de l'actuel étang de Saint-François porte toujours le nom de "Mare-Noire"; ce don impliquait le droit de remettre en état et de faire  fonctionner un moulin, aujourd'hui célèbre à  un autre titre.



 Le moulin de Saint-François. Archives municipales, Fougères.


 LA CHAPELLE SAINT-GORGON  ET L'ORIGINE des ANGEVINES

      Les moines bénéficiaient également des libéralités des particuliers : rentes, franchises, terres et prés, quelques maisons au Bourg-Roger  à Fougères qui formaient "l'Ile Saint-Gorgon ". Là se trouvait alors la chapelle Saint-Gorgon (actuelle rue de la Caserne) : on y venait en pélerinage chaque 9 septembre pour guérir de la goutte.
     L'affluence était telle le 9 septembre que Guillaume de la Fontaine, petit-fils du fondateur Henri Fauvel, obtint du roi Henri III en 1575 l'autorisation de tenir une foire ce jour-là et les jours suivants : c'est, dit-on, l'origine de la foire de l'Angevine à Fougères.



 UNE PETITE COMMUNAUTE

       Les Cordeliers n'ont jamais été  bien nombreux : ils étaient cinq en 1785 et trois en 1790... D'après les rapports établis en 1790, le couvent ne comportait que huit cellules de religieux ; les autres pièces habitables étaient destinées aux hôtes. Il  a compté  quelques frères convers, chargés des services domestiques.
      La vie des moines était vouée à la prière et à l'étude ; ils desservaient la petite chapelle de l'Hermitage à Chenedé, propriété de l'hôpital Saint-Nicolas et pouvaient prêcher dans les paroisses avoisinantes.



        Les dépendances du monastère étaient modestes et la surface exploitée ne dépassait pas celle d'une petite ferme. Les  rentes par dons ou testaments pour fondation de messes rentraient difficilement : les héritiers des donateurs étaient parfois mauvais payeurs.
        Les ressources de la petite communauté semblent avoir été réduites : les inventaires faits par la municipalité de Landéan en 1790 mentionnent peu de biens, peu d'objets précieux. Le produit de la vente des biens du couvent en 1791, y compris  trois têtes de bétail, ne dépassa pas 3000 livres... En avril 1791, le couvent, l'enclos, l'étang, les terres de Saint-François furent adjugés à Julien-Marie Le Harivel.


 UN SITE DE LEGENDE...


    La crédulité populaire attribuait des richesses immenses  à la  plupart des monastères : on croyait qu'ils détenaient des trésors cachés.
     Dans le pays de Fougères, on racontait qu'une statue de saint François en or massif, de grandeur nature aurait été dissimulée par les moines avant leur expulsion et qu'ils avaient enfoui un trésor près de la chapelle de l'Hermitage...
De quoi faire bondir saint François qui fut l'apôtre de la pauvreté matérielle!D'après certains "on-dit", la fameuse statue en or fut jetée dans l'étang ou enterrée au pied d'un grand sapin. On a toujours aimé les fables... Ce qui est certain, c'est qu'en réalité, sans être dans le besoin, les Cordeliers de la forêt n'étaient pas bien riches. En cela, ils étaient en conformité avec la règle de  leur fondateur. 


Calvaire de Saint-François, XVIè, près d'un oratoire en ruines, sur le chemin qui conduit à l'étang.
  Une inscription mentionne le nom de son commanditaire " Mre Jehan  Drouet,  Sr de la Dorisaye"
et la date de 1581. Remarquable par son fût élancé et cannelé et par les sculptures de son socle,
il est classé monument historique.( cl. M. Hodebert)


                                                       Rédaction :  Marcel Hodebert
                                                                  Bertrand Guyon
                                                        Mise en page: JPG.

                                   Sources:- E Pautrel, Bulletin et mémoires de la Société  Archéologique ,Tome LII
                                                        -Archives Départementales d'Ille-et -Vilaine.

    Le CIRCUIT DES VIEUX CHATEAUX dans la forêt de Fougères ouvre de belles  perspectives
 sur l'étang de Saint-François et sur le site des Cordeliers. Le plan du circuit est  disponible à l'Office du Tourisme et sur le site :Fougères Environnement








jeudi 5 avril 2012

SAVIGNY V: une abbaye en éclats

 L'ABBAYE de SAVIGNY: oeuvres éparses , reliques d'un passé prestigieux.


           Après la  confiscation des bâtiments abbatiaux et surtout après  leur achat par les Jacquemont, l'abbaye est systématiquement dépouillée de ses oeuvres d'art, les édifices sont peu à démontés  et parfois vendus pierre par pierre. Les pièces  identifiées et conservées constituent un puzzle jamais achevé.

      Les reliques des saints de Savigny, Vital, Geoffroy, Hamon, Pierre d'Avranches, Guillaume Niobé, objets d'une grande vénération, ont été sauvées de la profanation par les fidèles et transférées dans l'église paroissiale en septembre 1791.
 Reliques de saint Hamon, église de Savigny-le-Vieux.( cliché JPG)



 Plusieurs éléments d'architecture datant du XIIè au XVIIIè ont été disséminés dans les églises, les fermes et  demeures nobles des environs: Savigny,  Loges-Marchis, Landivy, Fougerolles-du-Plessis, Le Teilleul, Mortain, Notre-Dame-du- Touchet...



Eglise de Fougerolles-du- Plessis.
          
 
         La nef de l'église de Fougerolles-du-Plessis (XIXè) est portée par deux rangées de sept piliers de faible hauteur réunis par des ogives à double voussure:ces piliers de granit proviennent, d'après la tradition, de la salle basse du réfectoire des moines de l'abbaye.

     Quelques éléments du mobilier  du monastère ont été sauvegardés : maître- autel et lampe de sanctuaire à Mortain - heureuse destination dans cette ville et cette église si étroitement liées à saint Vital - autels latéraux, chaire du réfectoire, boiseries, cénotaphe de saint Vital, rares gisants....


 Gisant d'un  Baron de Fougères, l'un des Raoul (XIIIè) mutilé et dégradé,acquis par le comte de La Riboisière,déposé au château de Fougères, actuellement objet d'étude.




Maître-autel de la collégiale Saint-Evroult,à Mortain ,en provenance de Savigny : oeuvre somptueuse du XVIIIè en marbre rouge et noir des environs de Laval .Cliché de l'Office de Tourisme du canton de Mortain.



 Lampe de sanctuaire de l'abbatiale de Savigny, collégiale Saint-Evroult, Mortain.
 Cliché: A.  Guillouet, Office de Tourisme de Mortain.

          Cette lampe de sanctuaire en bronze doré a lui dans le choeur de l'abbatiale dans la seconde moitié du XVIIIè : avec sa suspension, elle atteint une hauteur de 3 m.35,  la lampe elle-même mesurant 1m.65 ( données de la base Palissy). Elle porte les armoiries de l'abbaye : la lettre S et la tige de fougère.


Les grandes orgues de la cathédrale de Coutances.


     L'orgue de la cathédrale de Coutances provient de l'abbaye de Savigny : il a été  conçu par les facteurs parisiens Deslandes et Rohrer et réalisé entre 1724, année du contrat, et 1728. Acheté par le Département en 1790, il  a été  reconstruit et complété en 1812 par Louis Lair du Mans. Depuis, plusieurs campagnes de restauration ont enrichi ses jeux. Le buffet imposant et ouvragé est l'oeuvre de sculpteurs caennais du XVIIIè : il est supporté par quatre colonnes corinthiennes et deux solides atlantes gainés dans une parure florale proche du rococo. Les silhouettes aériennes des anges musiciens juchés sur les tourelles  tempèrent la monumentalité de  l'oeuvre.
Pour plus de détails:
                    http://cathedralecoutances.free.fr//       

        Sur place, une seule statue a survécu au partage des dépouilles de l'abbaye : elle  veille  toujours dans la chapelle des lépreux, dite du Désert   peut-être à sa place d'origine. C'est le centurion Longin : en contrebas, s'étale un champ de ruines. Après avoir percé le flanc du Christ,Longin s'est converti et tourné vers la vie contemplative,d'après la Légende Dorée: solitude stoïque sur ces lieux désolés!Deux autres statues ont fui le site pour l'église Saint Gervais d'Avranches et plusieurs pour une destination inconnue.

 Saint Longin, armé de sa lance;  bois peint, XIVè?
 chapelle du Désert, Prévoyante Savinienne.( cliché JPG)



 Texte: Jean-Paul Gallais.
Photos de  l'auteur et  de l'Office du Tourisme de Mortain ,www.mortain-tourisme.fr   (lieux de visite )

 Pour la  remise en valeur du site de  l'abbaye:

- Association" Les Compagnons de Savigny".

-Communauté de communes de Saint-Hilaire-du-Harcouët,
 propriétaire du site.